vendredi, 19 octobre 2012 17:01

Revenu de base inconditionnel: séduisant, mais…

Écrit par 

Par Michel Laloux[1]

 

On peut caractériser les milieux alternatifs comme ceux au sein desquels on cherche à s'affranchir de la pensée unique et où l'on tente d'inventer des solutions nouvelles aux défis que pose la vie. Bien souvent on voit émerger des propositions pertinentes. Mais parfois, ce sont des idées qui semblent s'imposer comme une évidence au point que l'on s'arrête en chemin, sans les penser jusqu'au bout. Elles peuvent alors agir comme une nouvelle pensée unique au sein de mouvements alternatifs.

Ainsi, dans certains rassemblements altermondialistes, les propositions comme les monnaies locales et complémentaires ou le Revenu de Base Inconditionnel sont considérées, dans leurs domaines respectifs, comme La Solution, parce qu'elles semblent pouvoir être mises en pratique rapidement. Mais si l'on y regardait de plus près, peut-être s'apercevrait-on qu'elles laissent de côté des pans entiers d'une économie qui serait à la mesure de l'Humain[2].

Or, pour s'édifier, celle-ci nécessite une pénétration en profondeur de l'ensemble de l'économie, en examinant, plus attentivement qu'on ne le fait, les causes premières de la situation actuelle. Faute de cette vision d'ensemble, on peut en venir à un système à la logique imparable comme celui que proposent les partisans du Revenu de Base Inconditionnel (RBI)[3] et qui tente de se frayer un chemin dans le domaine public, en Allemagne et en Suisse, notamment.

Profitant de la démocratie directe, un groupe de citoyens suisses a lancé une Initiative Populaire visant à introduire dans la constitution l'instauration d'un Revenu de Base Inconditionnel qui permette "à l'ensemble de la population de mener une existence digne et de participer à la vie publique".

S'il récolte les 100'000 signatures nécessaires, le texte sera soumis à votation populaire et le parlement, ainsi que le conseil Fédéral devront se prononcer, voire proposer une autre solution.

L'avantage de cette démarche est d'amener dans le débat public des questions sur le lien entre travail et rémunération. Cette problématique devient de plus en plus actuelle. Mais la tentative de la résoudre par une mesure automatique (les initiants proposent un revenu de base de 2'500 francs suisses (environ 2'000 €) pour chaque citoyen, de sa naissance à sa mort) n'est pas forcément la bonne.

Nous devrions être particulièrement attentifs à tout ce qui cherche à devenir automatisme dans la façon de régler l'économie. C'est souvent une façon de passer à côté des éléments les plus essentiels. Nous allons l'illustrer en examinant un aspect de l'argumentation des initiants.

Voici un extrait de ce que l'on peut lire sur le site de B.I.E.N-CH[4]:

"De par son inconditionnalité, le revenu de base brise la chaîne qui fait dépendre la couverture des besoins vitaux de l’accomplissement d’un travail rémunéré. Ce découplage partiel entre emploi et revenu est nécessaire en raison de la disparition des emplois stables traditionnels dans l’industrie et dans le secteur tertiaire, notamment dans les banques ainsi que dans d’autres branches. Le chômage et la précarité sont en majeure partie la conséquence d’une dynamique de rationalisation et d’automatisation qui rend l’objectif du retour au plein emploi caduc. Au contraire, la flexibilité de l’organisation des entreprises modernes conduit à une instabilité croissante de l’emploi rémunéré.

Par contre, le travail est toujours d’actualité et sa tâche est immense. Il est plus que jamais nécessaire que chacun puisse travailler, d’abord à prendre soin de lui-même, de ses parents, de ses enfants et de ses proches, travailler ensuite pour contribuer aux biens communs accessibles à tous (connaissances, arts, culture, logiciels, etc.), travailler enfin à inventer et à mettre en œuvre à toutes les échelles les moyens qui permettront de léguer une planète vivable aux générations futures."[5]

Ce texte parle d'un découplage partiel qui serait réalisé par un moyen technique. Il n'aborde pas les raisons fondamentales d'une séparation entre travail et revenu. Il se contente de justifier ce découplage partiel par "la disparition des emplois stables traditionnels dans l'industrie et le secteur tertiaire", le chômage et la précarité. Il laisse de côté toute l'économie non-marchande et cantonne le plein-emploi à l'économie marchande. C'est exactement la façon de penser de l'économie ultra-libérale et qui la conduit à considérer la santé, l'éducation, l'art, etc. comme des charges pesant sur "l'économie" et qu'il faut compresser lorsque la croissance du PIB est en panne.

Dans la deuxième partie du texte cité, les initiants évoquent un certain nombre de services non-marchands: l'éducation, le soin aux personnes âgées, l'art, la culture, etc. Mais ils les placent en dehors de l'économie. Pour eux, il s'agit d'un travail situé dans une autre sphère et qui justifierait un Revenu de Base Inconditionnel.

À mon sens, il serait utile de considérer cet aspect sous l'angle de la création de valeurs.

La notion de valeur ajoutée semble simple. Elle est bien connue de tous ceux qui ont des notions de base en économie, surtout depuis qu'a été instaurée la taxe sur la valeur ajoutée. Pourtant, il existe une manière de la regarder qui ouvre des perspectives très intéressantes et qui permet de se faire une image plus dynamique de ce qui constitue le fondement de toute l'économie. C'est le philosophe autrichien Rudolf Steiner[6] qui l'a développée au début de son cours d'économie sociale.

Précisons d'abord qu'il convient de faire une différence entre la valeur et le prix. Le même objet en vente dans deux magasins situés à quelques centaines de mètres l'un de l'autre, l'un en France, l'autre en Suisse, représentent sans doute une valeur identique, du point de vue du processus économique. Mais le prix, pour des raisons liées à de nombreux facteurs, sera vraisemblablement différent.

La plus simple formation de valeurs en économie se manifeste au moment où quelque chose est extrait de la nature pour être échangé. Un poisson pêché dans une rivière et mangé directement par le pêcheur n'est pas devenu une valeur économique. Si le pêcheur le met dans un petit sceau d'eau et l'apporte dans une ferme voisine pour l'échanger, il a créé une valeur qui entre dans l'économie. S'il met le poisson dans une glacière et le transporte au bourg voisin pour le vendre sur le marché, il a ajouté une nouvelle valeur. Du point de vue économique, le poisson qui est sur le marché n'est pas le même que celui qui est échangé à la ferme. Si un restaurateur achète ce poisson et l'apprête pour un client, il ajoute une nouvelle valeur à celles que le pêcheur avait introduites dans l'économie.

Nous pourrions prendre d'autres éléments provenant du sol ou du sous-sol, de l'air ou de l'eau, et suivre leur cheminement dans l'économie, à partir de valeurs qui sont apportées par l'activité humaine. Nous aurions alors devant nous tous les métiers qui sont en lien direct avec la nature: agriculteur, sylviculteur, apiculteur, pisciculteur, pêcheur, bucheron, etc. Si nous y ajoutons toute l'activité qui consiste à extraire des matières premières à partir du sous-sol, nous aurons devant nous ce que l'on appelle le secteur primaire.

Nous avons ainsi décrit le principe de base de l'économie. Nous regardons comment l'activité humaine s'applique à la nature. Nous ne contemplons pas la nature comme, par exemple, un peintre ou un scientifique le ferait. Nous l'examinons avec l'œil de l'économiste. La nature est alors observée au travers du travail humain. Si bien qu'un abricot sur un arbre ou vendu au bord d'une route ou bien dans un supermarché n'est pas le même abricot. Du point de vue économique, nous avons affaire à trois abricots différents.

Voyons maintenant comment le travail lui-même évolue et ce qui en résulte pour la formation des valeurs en économie. Un exemple simple nous fera comprendre de quoi il s'agit.

Reportons-nous en arrière, au moment de l'apparition des premières tronçonneuses. Un bucheron fait l'acquisition d'un de ces appareils et l'utilise pour la coupe du bois dans une forêt. Du point de vue visuel, les troncs d'arbres qu'il débite sont sensiblement les mêmes que ceux qu'il obtenait auparavant lorsqu'il utilisait des outils traditionnels.

En économie, la formation de la valeur, dans les deux cas, est très différente. Avec la tronçonneuse, le travail a été transformé. Ce n'est plus le même qui s'applique à la nature. Or ce qui a provoqué ce changement provient des capacités créatives de l'être humain. L'esprit humain, par les inventions, crée des outils et des machines qui modifient, parfois de façon radicale, le travail humain et transforme donc le processus qui conduit à la formation de valeurs en économie.

Si, à partir de cette notion, nous considérons l'évolution de l'économie au cours du temps, nous voyons comment s'est formé le secteur secondaire, depuis l'artisanat jusqu'à l'industrie. Simultanément, nous constatons le phénomène de la division du travail. En le poussant un peu plus loin, nous verrions comment se forment d'autres valeurs économiques par le fait que la nature disparait de plus en plus et que passent au premier plan les capacités créatrices humaines. Pensons à un avocat, à un médecin ou à un informaticien qui invente un nouveau logiciel. C'est alors le secteur tertiaire qui apparait à notre regard d'économiste.

Nous avons ainsi mis en évidence une polarité dans la formation des valeurs. D'une part la nature transformée par le travail; d'autre part, le travail modifié par l'esprit humain.

polarite-formation-valeur

 

Cette polarité nous a permis de saisir la dynamique des trois secteurs de l'économie. Nous pouvons en faire une représentation schématique:

dynamique-trois-secteurs

 

Ce schéma contient en lui la totalité de l'économie réelle. Tous les métiers, ceux de l'économie marchande et non marchande, y trouvent leur place.

Dans le secteur tertiaire, la nature tend à passer à l'arrière-plan de la production d'un acte économique. Les prestations d'un avocat s'appuient, d'une manière marginale, sur la nature. Son matériau est le corpus de lois lequel est une création humaine.

Si nous examinons de plus près ce secteur tertiaire, nous voyons se dessiner une transformation progressive. Prenons quelques exemples. Le but n'est pas de regarder, dans le détail, tous les métiers qui le composent. En premier lieu, il s'agit de voir à quel endroit apparaît l'économie non marchande, puis de saisir comment celle-ci peut être divisée en deux parties bien distinctes, l'une qui relève de l'État, l'autre qui est dans ce que l'on appelle généralement la culture.

economie-marchande-non-marchande

 

Au premier abord, il peut sembler étrange de parler de prestations économiques pour, par exemple, un gendarme ou un instituteur. Pourtant la contribution de l'un et de l'autre est essentielle au bon fonctionnement de l'économie. Imaginons le chaos qui résulterait du fait qu'il n'y ait personne pour faire respecter les lois. Les conséquences économiques ne tarderaient pas à se montrer.

De la même façon, un instituteur apporte à l'enfant des éléments qui lui permettent de se construire. Sans entrer dans les nuances qui seraient nécessaires, nous pouvons dire que, par exemple, la créativité dont quelqu'un pourra faire preuve dans sa vie professionnelle trouve souvent son origine dans la pédagogie qu'il a ou n'a pas vécue dans son enfance. Ici, la conséquence de la prestation de l'enseignant ou de l'éducateur se voit sur une période qui peut être très longue.

Dans les deux cas, le gendarme et l'instituteur, nous sommes devant une "production" qui n'est pas directement mesurable. La valeur économique créée ne peut pas recevoir une transposition directe sous forme de prix.

Selon cette approche, l'acte pédagogique est une création de valeurs. Il fait donc partie intégrante de l'économie. Mais la valeur ainsi apportée par le pédagogue est dans une dynamique de tendance opposée à celle de l'industrie. Cette différence se matérialise à la fois dans la formation des prix et dans la façon dont l'argent ira depuis les surplus de l'économie marchande vers l'économie non-marchande. Car le pédagogue ne vend pas sa prestation comme le ferait un industriel qui parvient à un prix par objet.

Il doit donc se créer une circulation monétaire allant du marchand au non-marchand et que Rudolf Steiner appelle l'argent de don. Pour éviter les connotations morales, je préfère la dénomination de Monnaie de Contribution. Jadis le terme de contribution désignait l'impôt. Nous pourrions l'utiliser, dans un sens renouvelé, pour caractériser les choix individuels faits par les citoyens pour affecter de l'argent vers des institutions de l'économie non-marchande.

L'initiative pour un Revenu de Base Inconditionnel parle de financer cette redistribution par l'impôt. Ce faisant, elle introduit une automaticité étrangère au processus économique. De quoi s'agit-il? Prenons un exemple.

On constate, à juste titre, qu'il y a une situation anormale dans le fait qu'un parent, qui reste à la maison pour s'occuper de ses enfants, soit pénalisé parce qu'il renonce à son travail et donc à son salaire. Abordons le problème du point de vue d'une véritable économie et demandons-nous quelle est la valeur économique ainsi créée par ce parent. Il faudra alors poser la question de la contribution que fait ce parent et donc, par exemple, de sa formation à la parentalité. Pourquoi un parent recevrait-il 2'500 francs par mois, s'il ne prend pas la peine de se former à l'un des métiers les plus difficiles?

Pour répondre à la question du statut social du parent, nous devrions mettre en place des processus autrement plus imaginatifs qu'un automatisme tel que le RBI. Procéder ainsi nous conduirait à penser l'économie de façon beaucoup plus vivante et globale, en y intégrant tous les facteurs.

Parmi les exemples mentionnés dans le texte cité, nous avons pris celui des parents. Nous pourrions en prendre d'autres. Il serait notamment intéressant de regarder à quel endroit le fait de "prendre soin de soi" (comme le disent les initiants) s'insère dans le processus économique (au sens où l'entend Rudolf Steiner). Le cadre de cet article ne permet pas d'entrer plus avant dans le détail.

Il est une question que l'on pourrait se poser: s'il n'y avait pas de chômage, si chacun avait un travail, les partisans du RBI auraient-ils fait les mêmes propositions, se seraient-ils mobilisés pour la cause qu'ils défendent? Dans le texte cité plus haut, il est dit que le plein emploi est caduc et, trois lignes plus loin, que "le travail est d'actualité et sa tâche est immense". Il y a là une contradiction.

Effectivement, le travail ne manque pas. Considérer qu'il y a du chômage, c'est ne pas parvenir à une vision globale des métiers, lesquels sont alors séparés en deux catégories: les productifs et les non-productifs. On croit réintégrer ces derniers dans l'économie en attribuant 2'500 francs à chacun. En réalité, on les traite à la marge, on institutionnalise leur marginalisation, au lieu de s'attaquer aux causes qui ont conduit à cette conception maladive du travail.

Car la caractéristique de l'initiative pour un Revenu de Base Inconditionnel est qu'elle ne change pas les fondements du système dans lequel nous sommes. Elle n'intervient en aucune façon sur les causes du désordre actuel. Au contraire, elle les laisse perdurer et leur procure du temps, leur donne un répit, alors qu'elles sont aux abois. Le capitalisme du désastre, comme le nomme Naomi Klein[7], continuera d'agir. Ses acteurs pourront facilement dire: vous avez obtenu le Revenu de Base Inconditionnel. Que voulez-vous de plus?

En réalité, aucun des problèmes actuels ne sera résolu par le biais du RBI. Pour s'en rendre compte, il faudrait faire descendre notre pensée dans les phénomènes économiques, les suivre jusque dans leurs conséquences les plus lointaines. Par exemple, il est à prévoir que les 2'500 francs seront progressivement absorbés par l'augmentation des prix, notamment ceux de l'immobilier. Pour lutter contre la poussée inflationniste, la Banque Nationale Suisse augmentera ses taux directeurs et l'on reviendra à des taux hypothécaire de 6 % dont les conséquences se sont révélées désastreuses, il y a une quinzaine d'années et qui ont ruiné de nombreux ménages suisses[8].

Vouloir résoudre un problème par une stratégie, avant d'en avoir éclairé les causes, c'est ajouter de la confusion au désordre. Au lieu de mobiliser notre énergie sur de tels combats, nous devrions nous mettre au travail sur les fondements des questions économiques. Nous trouverions alors comment faire en sorte que chaque création de valeur (au sens économique) soit considérée comme un travail et que la rémunération nécessaire soit dirigée vers celui qui en a permis l'apparition. Pas une rémunération à la marge comme le propose le RBI, mais une reconnaissance pleine et entière de chaque valeur économique créée. Alors, nous nous rendrions compte que les besoins sont immenses dans le domaine de l'économie non-marchande, en particulier la culture, l'éducation et la santé. Ces besoins s'avèreront au moins égaux au nombre de sans-emploi. Nous aurions là les bases pour aller, de façon durable, vers une résolution du lancinant problème du chômage. Au lieu du mécanisme du RBI, nous verrions apparaître la troisième circulation monétaire, la Monnaie de Contribution dont la mise en place est l'une des questions sociales les plus urgentes et qui nécessite qu'à tout instant le jugement humain intervienne dans le processus économique. L'humanisation de l'économie passe par là. Le Revenu de Base Inconditionnel la court-circuite.

19.10.2012



[1] Michel Laloux est économiste et philosophe de l'éducation. Ses recherches portent sur de nouvelles formes sociales dans lesquelles la société civile joue un rôle central. Pour plus de détails voir le livre de Michel Laloux Démocratie Évolutive (Éditions Yves Michel) et le site www.democratie-evolutive.fr.

[2] Dans les milieux alternatifs, il se développe fréquemment une vision négative de l'économie. On peut très bien le comprendre au vu de ce qui se passe dans le monde. Cependant, cette vision repose sur une méprise. Car le chaos social dans lequel nous plonge l'économie actuelle provient d'éléments qui lui sont étrangers, à savoir, la monnaie, le capital-actions, le travail et le foncier. Le fait que ces quatre éléments soient devenus eux-mêmes marchandises est contraire à l'économie. Comprendre ce phénomène, c'est regarder les facteurs de santé de l'économie et non plus sa seule pathologie. Dans la suite de cet article, le mot économie est employé dans le sens d'un corps social sain.

[3] Le Revenu de Base Inconditionnel est aussi appelé Revenu Universel, Revenu Social Garanti, Revenu de Citoyenneté, Allocation Universelle, etc.

[4] Basic Income Earth Network-Switzerland (www. bien-ch.ch)

[6] Rudolf Steiner, Cours d'économie et séminaire, Éditions Anthroposophiques Romandes

[7] Naomi Klein, La stratégie du choc, Leméac/ Actes Sud

[8] Le fait d'indexer le RBI sur le taux d'inflation ne fera qu'alimenter celle-ci.

 

AVERTISSEMENT : la question sociale est en soit très complexe.  Les concepts de la triarticulation sociale (encore appelée tripartition sociale ou trimembrement social) constituent un outil pour en saisir l'essentiel, et sur cette base, pour en comprendre les détails et agir localement.  Les divers auteurs des articles publiés sur ce site tentent de les expliciter et d'en proposer des applications pratiques.  Leur compréhension du trimembrement de l'organisme social est susceptible d'évoluer avec le temps.  Les auteurs peuvent évidemment aussi se tromper dans leurs interprétations.  Le risque d'erreur fait partie de toute démarche de recherche!
Nous ne pouvons dès lors qu'inviter les lecteurs à prendre connaissance des concepts à leur source, c'est-à-dire dans les ouvrages de base
(voir la bibliographie sommaire).

 

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2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire mercredi, 16 novembre 2016 18:13 Posté par Damien Vasse

    4 ans plus tard, il serait intéressant de voir comment a exploré la pensée de l'auteur alors que le sujet du RDB fait la une des journaux en France.
    Je ne reviens pas sur les nombreuses erreurs commises par l'auteur dans cet article, dont ce contresens formidable à propos du texte des initiants suisses : « Dans le texte cité plus haut, il est dit que le plein emploi est caduc et, trois lignes plus loin, que "le travail est d'actualité et sa tâche est immense". Il y a là une contradiction. » Emploi n'est pas travail, c'est pourtant assez évident dès lors qu'on se pencher sur la question 3 secondes, et cela les initiants le réaffirment dans cette contradiction qui n'en est pas une : il y a pléthore de travail mais pas assez d'emploi ;) Et bien sûr ce n'est pas la seule raison qui a conduit à cette initiative ou aux autres.

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  • Lien vers le commentaire lundi, 05 octobre 2015 14:27 Posté par Antoine ANDRE

    Cet article est intéressant. J'ai néanmoins l'impression que son auteur en rate les principaux enjeux. Les enjeux idéologiques notamment, c'est-à-dire les valeurs sous-jacentes du revenu de base inconditionnel. Je suis d'ailleurs surpris de voir des références de Rudolf Steiner dans cette critique du RBI car c'est, en Suisse, également de la mouvance anthroposophique qu'est issu l'initiative sur laquelle les citoyens helvétiques se prononceront l'année prochaine. Dès lors, je peux entendre que structurellement le RBI ne change pas radicalement du système économique actuel, par contre, la redistribution des forces dans ledit système est complétement changée, ce qui signifie, si l'on comprend les causes profondes du néolibéralisme, que le RBI est un changement profond de paradigme. Ce qui permet aujourd'hui au capitalisme d'exister c'est la suprématie écrasante du capital sur le créateur de valeur, c'est-à-dire sur le travailleur. Le RBI change ce rapport de force car le travailleur ne peut plus subir de pression comme c'est le cas aujourd'hui. La pression en l' occurrence pour la classe moyenne et la classe défavorisée c'est la peur, l'humiliation, réelle ou pas, de la perte d'emploi. La stigmatisation sociale et morale de "tomber" au chômage ou pire à l'aide sociale permet au capitale l'exploitation, l'aliénation et la destruction de ce que seul à réellement une valeur pour l'homme, son temps de vie. Dans la proposition suisse du RBI, il est écrit que le montant versé inconditionnellement sera non pas de 2'500.- comme l'indique l'auteur (qui ne semble pas avoir réellement étudié son sujet) mais d'un montant suffisant pour assurer la dignité et la participation à la vie publique. Dès lors, ce montant devra être en permanence adapté pour en remplir son rôle. Enfin, et non des moindres, le RBI permettra à ceux qui le veulent, de sortir de la logique de la compétition, elle aussi fondatrice du système dominant. Si vous ne pouvez plus monter les hommes contre les hommes parce qu'il n'y a pas assez de "bonnes" place pour tout le monde mais qu'un montant assure à vie et à tous de pouvoir choisir librement ce qu'il vont faire de leur existence, alors vous mettez dans la machine infernale, qui tire actuellement notre monde vers son extinction, un grain de sable si subversif et solide que ses conséquences sont ma fois difficiles à imaginer. (il suffit pourtant de se pencher sur les différentes expériences à taille réelle du revenu de base pour commencer à en comprendre l'étendue de ses ramifications, elles sont légions).

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