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Le pays des Baronnies et son agriculture

Nichées entre le plateau de Lannemezan au Nord-est et les premiers contreforts du massif pyrénéen au Sud, les Baronnies présentent un étonnant réseau de vallons humides et de collines dominées par les lignes de crête arrondies et boisées de ses montagnes calcaires. A la marge des grands axes de circulation qui le contournent sans jamais le pénétrer, ce petit pays a conservé un paysage à très forte valeur identitaire. Son côté mystérieux, presque envoûtant séduit les visiteurs, qui en quelques minutes sont immergés dans un paysage empreint d'une rare authenticité. Les difficultés de circulation le long des routes étroites et sinueuses ne font que renforcer le dépaysement auquel est soumis le citadin. Habitées depuis les temps préhistoriques, comme l'attestent les nombreux gouffres et grottes, les Baronnies furent au Moyen-âge le refuge des bandouliers, (bandits de grands chemins qui détroussaient les voyageurs sur le plateau de Lannemezan). Aujourd'hui, les rives de l'Arros, véritable colonne vertébrale de ce terroir, ne sont plus fréquentées que par les agriculteurs, les randonneurs en quête d'authenticité et les pêcheurs venus taquiner la truite Fario. Anciens moulins, passerelles discrètes et végétation luxuriante se disputent le fond de la vallée, tandis que de coquets villages à l'architecture typique s'allongent le long des crêtes. Plus haut, les landes communales sont les derniers espaces ouverts avant la vaste forêt qui couvre les flancs des montagnes jusqu'à l'étage alpin.

 

Le tableau peut paraître idyllique. Hélas, ici comme ailleurs et peut-être même plus qu'ailleurs, l'exode rural pèse lourdement sur le paysage. Les hommes et les troupeaux ne sont plus assez nombreux pour entretenir l'espace. Les prairies commencent à s'embroussailler, les landes se boisent, les châtaigneraies meurent faute de soins. La plupart des jeunes quittent le pays, d'autres au contraire font preuve d'un grand dynamisme pour trouver de nouvelles ressources économiques à la fois adaptées à l'économie moderne et compatibles avec l'identité naturelle et culturelle de leur milieu.

 

Une trentaine de petits villages composent ce terroir qui est divisé administrativement en trois cantons différents : le canton de Lannemezan, le canton de La Barthe de Neste, le canton de Bagnères de Bigorre, avec les communautés de communes des Baronnies, de Neste Baronnies, du Haut Arros et du Haut Adour. Les villages rassemblent de 20 à 200 habitants pour un total d'env.3000 habitants sur le terroir répartis sur une superficie de 180 kilomètres carrés.
Dans chaque village, de un à dix paysans essayent de survivre. Les petites fermes font une quinzaine d'hectares environ à une centaine d'hectares pour les plus grandes avec un parcellaire disséminé. La grande majorité des agriculteurs sont pluriactifs.
Alors qu'autrefois ces fermes pratiquaient polyculture et polyélevage (volaille, lapins, cochons, chèvres, moutons, bovins, ânes, blé, maïs, pommes de terre, navets, haricots, foin, pommes, châtaignes) la production majoritaire actuelle est le bovin viande. Les veaux vendus sont de jeunes broutards qui partent soit pour l'Italie (les mieux conformés) soit pour l'Espagne, où ils sont engraissés et consommés. La race bovine la plus répandue est la blonde d'Aquitaine qui est une race créée vers les années 1950 à partir de races locales afin d'obtenir des animaux plus lourds et mieux conformés mais qui, en contrepartie a perdu les aptitudes laitières et donne une viande maigre.

 

Les fermes se sont dépeuplées, la population féminine étant partie la première, les hommes restent seuls, souvent célibataires. Ils ont dû par obligation s'orienter vers la spécialisation tout en se mécanisant. Les cultures ont disparu, il ne reste que des prairies. Le terrain accidenté, le parcellaire dispersé et de petite taille rendent la mécanisation difficile.
Les troupeaux comptent de 20 à 50 mères, parfois 100. Une partie des animaux passe l'hiver en extérieur, par manque de place Peu d'agriculteurs "finissent' leurs bêtes afin de pouvoir les vendre dans les circuits courts. Quelques-uns se sont lancés dans la vente directe sous forme de colis proposés à des particuliers. Les animaux sont alors abattus puis découpés à l'abattoir de Bagnères-de-Bigorre.
D'autres initiatives de diversification, qui sont souvent le fait de néo ruraux, valorisent le lait de vache ou brebis en le transformant en fromage ou font des légumes de plein champ ou de serres et du miel. Il faut aussi citer trois démarches collectives de filières : le cochon noir, la châtaigne, et les pommes avec plus ou moins de réussite.

 

À l'échelle des Baronnies, quelques paysans se sont regroupés avec des consommateurs et des distributeurs locaux pour créer l'association "Paysans des Baronnies" qui a commencé son activité par la vente de bœuf et d'agneau dans une grande surface locale (l'Intermarché de Capvern). Actuellement l'association a une gamme de produits très étendue, issus du terroir des Baronnies, qui va de "l'entrée jusqu'au dessert". On trouve ces produits dans quelques boutiques du département.


L'agriculture paysanne, par son activité, a façonné la beauté des paysages et en a fait l'atout principal des Baronnies.

 

Le Syndicat d'initiative des Baronnies axe son action sur les randonnées les séjours ruraux avec les tables et chambres d'hôtes et la consommation de produits locaux. Les visiteurs des Baronnies sont les familles, les seniors, les randonneurs, les curistes de Capvern les Bains et Bagnères-de-Bigorre, les cyclistes, enfin tous ceux qui aiment le calme, la verdure, le repos, et se ressourcer dans des paysages magnifiques et mystérieux.
Les conditions de travail en zone de montagne sont telles que les paysans sont bien évidemment désavantagés par rapport à la plaine pour produire les quantités que leur demandent les instances européennes. Il leur reste cependant la production d'aliments de qualité qui correspond à la mission première du paysan qui est de nourrir les hommes avec des aliments de la meilleure qualité possible. La qualité, en ce qui concerne notre nourriture, ne peut provenir que de domaines agricoles en recherche constante d'équilibre entre productions animales et productions végétales donc vers la biodiversité.


En occident, l'agriculture s'est laissée, depuis 150, 200 ans environ, dicter de nouvelles règles par l'industrie. La plus importante et la plus néfaste est la spécialisation qui conduit soit à la monoculture soit au mono élevage... intensifs.


Dans notre région il y a seulement 50 ans, les paysans pratiquaient naturellement la biodiversité, et les anciens se rappellent encore des bonnes pratiques qu'ils ont simplement abandonnées à cause des directives européennes quantitatives, empêchant, par le biais de mesures incitatives, l'existence de ces bonnes pratiques qualitatives.


Mais, le fruit de la commercialisation de ces productions de qualité ne permet pas au paysan d'exercer sereinement son activité, car les structures existantes ont été construites pour valoriser des quantités ; on pèse, on mesure, et on compte. Les instruments prenant en compte la qualité n'existent pas encore dans la distribution.


Pas besoin de techniciens pour permettre à ces paysans de remettre en production cette alimentation nourrissante mais simplement de bons vendeurs qui devront valoriser ces bons produits et redonner ainsi un peu d'espoir à ces paysans et confiance aux consommateurs. La distribution quant à elle devra enfin dévoiler les véritables processus de production et mettre en relation les producteurs d'aliments de qualité et les consommateurs. Exhiber quelques signes de qualité ne suffit pas, il faut que les consommateurs apprennent à connaitre les bons savoir-faire.

 

Le but de Paysans des Baronnies est et reste de

«Mettre, localement, à la disposition du plus grand nombre de consommateurs, la meilleure nourriture possible, provenant de fermes recherchant la biodiversité, dans une nouvelle économie permettant les prix les plus justes pour tous.»

 

Aujourd'hui, 10 ans après, une nouvelle association, « Baronnies Energies Renouvelables » regroupant TOUS les partenaires de ce terroir, est née, avec pour objet :

«la réduction de la dépendance énergétique du territoire des Baronnies par la valorisation locale de toutes énergies et matériaux renouvelables dans le but de réduire la fracture énergétique, dans une nouvelle économie, plus sociale, devant apporter satisfaction à tous.»

 

Valorisation du terroir des Baronnies par les associations :

  • Syndicat d'Initiatives des Baronnies
  • Paysans des Baronnies
  • Baronnies Energies Renouvelables

 

Coordonnées

Paysans des Baronnies
Moulin des Baronnies - 65130 Sarlabous
Département des Hautes Pyrénées - France
Téléphone : 05 62 40 93 01
Email : paysansdesbaronnies[at]laposte.net
Bernard Prieur
Les Bourdalats - 65130 Frechendets
Département des Hautes Pyrénées - France
Téléphone : 05 62 91 13 62
Email : lapats3[at]gmail.com

 

 

 
Liste d'articles et vidéos liés au thème des associations économiques :

> Les associations économiques, un aperçu (2012) - Stéphane Lejoly
> Les circuits courts, avantages et aspects mythiques (2013) - Stéphane Lejoly
> Les associations de la vie économique face à l'organisation mondiale du commerce («La Voie Lactée») (1995) - Stéphane Lejoly
> Paysans des Baronnies - Présentation et vidéos d'une association économique (2012-2013) - Bernard Prieur et les membres de l'association
> Pourquoi les circuits « courts » sont-ils si souvent les plus longs ? (et les plus chers ?) Comment les raccourcir réellement ? (2016) - Anonymous Triarticulous

Au sujet des relations entre l'économie et les autres composantes de la vie sociale (l'État notamment) :

> 01 Les forces animant la vie sociale... (2012) - Mouvement pour la triarticulation sociale
> 05 La vie économique (2012) - Mouvement pour la triarticulation sociale
> 06 La vie juridique-politique (2012) - Mouvement pour la triarticulation sociale

 

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2017 - Mouvement pour la tri-articulation sociale - www.tri-articulation.info
 

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