L'impulsion de la triarticulation sociale entre 1917 et 1923 - Ligne du temps
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L'impulsion de la triarticulation sociale - Quelques jalons historiques
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Quelques sources documentaires
- Livre : La lutte de Rudolf Steiner pour l'ordre social de l'avenir - Souvenirs de Hans Kühn - À télécharger au format PDF via cette page (en haut à droite) : https://www.triarticulation.fr/EltsHisto/HK/HK00.html
- Un livre parmie les plus centraux écrits par Rudolf Steiner : Aspects fondamentaux de la question sociale. Les principaux chapitres de ce livres sont sur le présent site web, accessibles sur cette page : https://www.tri-articulation.info/menu-triarticulation/texte-fondamental
- Le premier mémorandum transmis aux autorités allemandes (1917) : https://www.triarticulation.fr/EltsHisto/Memo01.html
- La dernière version du deuxième mémorandum transmis aux autorités de l'empire austro-hongrois (1917) : https://www.triarticulation.fr/EltsHisto/Memo02b.html
Citations présentées lors de la session de formation en mai 2026
La nécessité d’idées en temps de paix
« (…) Une phrase peut... donner une orientation à la pensée sociale dans l'avenir. Cette seule phrase est celle-ci :
Il suffit de ne pas avoir d'idées en temps de révolutions et de guerres, mais on ne peut pas y suffire sans idées en temps de paix ; car si les idées se font rares en temps de paix, alors des temps de révolutions et de guerres doivent venir. Vous n'avez besoin d'aucunes idées pour la guerre et les révolutions. Pour maintenir la paix, il faut des idées, sinon les guerres et les révolutions arrivent. C'est un contexte spirituel intérieur. Et toutes les déclamations sur la paix ne servent à rien quand ceux qui ont à diriger les destinées des peuples ne s'efforcent d'avoir des idées, tout de suite en temps de paix. Et si elles devaient être des idées sociales, elles devraient même venir d'au-delà du seuil. Si un temps devient pauvre en idées, ainsi la paix s'estompe de ce temps.
On peut dire quelque chose comme ça ; si les gens ne veulent pas le tester, ils ne le croiront simplement pas. Mais le sort terrible du présent dépend de l'incrédulité en de telles choses.
C'est une telle ligne directrice qu'il est extrêmement important d’accueillir pour le présent et le proche avenir. »
Rudolf Steiner
Conférence à Dornach, 24 novembre 1918. -GA185a - Faits historiques - Base du jugement social
Woodrow Wilson - Rudolf Steiner : deux conceptions radicalement opposées

L'École LIBRE
Extrait de la septième conférence du livre
« Bases de la Pédagogie - Cours aux éducateurs et enseignants », Rudolf Steiner - Dornach, le 29 décembre 1921 - Éditions Anthroposophiques Romandes 1988, GA303
(...) ce qui entre au premier chef en ligne de compte dans l'éducation, c'est avec quels sentiments au sujet de l'essence de l'être humain nous côtoyons l'être humain. Et si, grâce à une connaissance de la nature humaine, nous côtoyons de façon juste l'enfant en devenir, alors nous sommes de bons artistes-éducateurs. Et on peut même avancer ce paradoxe : que chacun fasse dans chaque cas particulier ce qu'il veut - chacun organisera bien sa tâche selon ce qu'il trouvera lui-même avoir appris dans la vie - que chacun organise les choses comme il veut, pourvu qu'il apporte ce qui se dépose en son cœur par l'action d'une connaissance juste de la nature humaine, il fera ce qu'il faut, de quelque façon qu'il s'y prenne. - Moi qui suis le leader spirituel[i] de l'École Waldorf, quand je viens dans les classes parallèles - nous avons déjà des classes parallèles à l'École Waldorf en raison de l'afflux d'élèves, quand je viens, donc, dans les différentes classes et que je vois tel maître traiter un sujet d'une façon et tel autre exactement le même sujet de façon toute différente, il ne me viendrait jamais à l'esprit de dire : il faut s'en tenir à telle façon précise de procéder. Au contraire, ce qui paraît tout à fait opposé peut être absolument juste, chaque chose à sa manière. Bien plus, si un maître voulait imiter l'autre, c'est précisément cela qui pourrait être faux. C'est pourquoi il en est ainsi que l'École Waldorf ne porte pas le nom d'« école libre » pour une raison purement extérieure, mais à cause de la constitution la plus intime, la plus libre de son être tout entier. (...)
En épilogue à la présentation de l'impulsion historique de la triarticulation sociale : préparer l’humanité
« Il ressortait véritablement de la nécessité de notre époque que la science de l’esprit d’orientation anthroposophique soit liée au travail social dans la Fédération pour la triarticulation sociale. Et ces derniers mois, le besoin s’est également fait sentir de rechercher un lien plus étroit entre le social et le spirituel proprement dit.
Une certaine compréhension de cette nécessité a commencé à émerger des profondeurs de la science de l’esprit, en particulier dans notre cercle, et nous avons vu que l’on dispose des éléments qui permettraient de préparer l’humanité de façon qu’elle devienne plus ou moins réceptive à la nouvelle aspiration spirituelle. Nous avons trouvé parmi nous des amis qui ont travaillé à diffuser la vision anthroposophique du monde ici à Stuttgart et dans sa région, et cela a été très satisfaisant. Il faut maintenant espérer trouver une compréhension pour les choses qui aujourd’hui sont socialement nécessaires dans le sens le plus éminent. Il est faux de croire qu’une plus vaste part de l’humanité n’est pas accessible à ces choses. À l’heure actuelle, si nous voulons comprendre ce qui est socialement nécessaire, nous avons besoin d’un mode de pensée formé par les concepts et les idées issus de la science de l’esprit. Car voyez-vous, il y aura dans le présent, à côté de toutes les autres oppositions, cette opposition : pensée juridique romaine, purement logique, et pensée de la science de l’esprit. Cette pensée de la science de l’esprit, qui suit partout la logique des faits, et la pensée romaine, catholique, juridique, qui suit seulement la logique des concepts, seulement la logique humaine égoïste. Et cette pensée ne sera jamais assez forte pour pénétrer dans la réalité.
Une plante en croissance se développe lentement, feuille après feuille. Et celui qui pense que cela va durer éternellement à ce rythme se trompe lourdement. Tout d’un coup il y a une secousse, puis le calice et les pétales se développent rapidement à partir de la feuille. Et il en sera ainsi tant que nous gardons en nous cette force avec laquelle nous pourrons agir spirituellement et socialement. Cela dépend de notre vouloir. Nous aurons peut-être pendant longtemps l’impression d’aller très lentement. Or lorsque tout ce qui peut grandir sera réuni, le tournant viendra d’un seul coup. Mais il ne marchera bien que si le plus grand nombre possible d’hommes y sont préparés. C’est ce que je voulais vous dire maintenant pour résumer en quelque sorte nos travaux de ces dernières semaines, que j’appellerais nos ‘semaines de Stuttgart’. Car il s’agit pour nous de ne pas relâcher nos efforts pour défendre ce qui découle de notre cause elle-même.
Voilà, mes chers amis, ce que je voulais vous dire aujourd’hui, car je crois que ce fer que nous avons forgé jusqu’à présent ne doit pas refroidir, qu’il doit rester chaud. Nous ne pouvons aller de l’avant que si nous avons la volonté d’apprendre, si nous avons le courage d’intégrer ce que nous avons appris dans la vie. Ce n’est que de cette volonté et de ce courage que peut naître la nouvelle devise :
Je veux apprendre, je veux travailler ! Je veux travailler en apprenant ! Je veux apprendre en travaillant ! »
Rudolf Steiner
Source : La lutte de Rudolf Steiner pour l'ordre social de l'avenir - Souvenirs de Hans Kühn – pg 77/148
Idées principales contenues dans les textes suivants
Premier mémorandum
Pour la version complète en allemand : https://www.triarticulation.fr/EltsHisto/Memo01.html
Les idées principales dans le texte du premier mémorandum sont les suivantes :
1. L’Entente présente la guerre comme une agression allemande afin de justifier sa poursuite, mais que cette accusation morale masque les autres causes du conflit. Il affirme que l’Allemagne aurait dû répondre non par des argumentations doctrinales, mais par un exposé simple et direct des faits.
2. L’Allemagne n’était pas, à l’été 1914, prête à prendre l’initiative d’une guerre. Cette affirmation constitue l’un des points centraux de l’argumentation sur les responsabilités du déclenchement du conflit.
3. L’Autriche-Hongrie se trouvait depuis longtemps sous la pression de la question des Slaves du Sud et considérait qu’elle devait agir pour empêcher son affaiblissement. L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand et l’ultimatum à la Serbie ne sont donc présentés que comme le prétexte immédiat d’une crise plus profonde.
4. La véritable voie qui aurait pu prévenir l’escalade aurait été une solution internationale de la question slave, fondée sur l’autonomisation et la fédéralisation des différentes composantes de la vie des peuples. La liberté doit engendrer le national, et non l’inverse, faute de quoi de nouveaux conflits seraient inévitables.
5. Une fois l’ultimatum autrichien lancé, le mémorandum estime que l’évolution vers la guerre générale ne pouvait être stoppée que si la Russie restait passive. Dès lors que la Russie entreprenait un pas agressif, l’enchaînement des événements devenait, selon le texte, impossible à arrêter.
6. Du côté allemand, on n’envisageait pas une guerre d’initiative, mais qu’on s’attendait à une guerre devenue probable par l’évolution de la situation européenne. Il ajoute que l’Entente craignait surtout la montée en puissance de l’Allemagne et qu’elle ne voulait pas laisser subsister les rapports de force de 1914.
7. Un point décisif du mémorandum est que l’Allemagne aurait agi différemment si l’Angleterre avait garanti la neutralité française en cas de guerre contre la Russie. Dans cette perspective, l’entrée en Belgique est présentée comme la conséquence de l’échec de la diplomatie allemande à obtenir de l’Angleterre une telle garantie.
8. Le mémorandum reproche aux autorités allemandes de n’avoir pas exposé au monde, de manière psychologiquement efficace et politiquement intelligible, cette lecture des causes de la guerre. Il considère que l’Entente mène aussi la guerre sur le terrain du récit, tandis que l’Allemagne n’a pas su faire valoir les faits d’une manière convaincante hors de ses frontières.
9. Le mémorandum attribue à l’Angleterre une politique de longue durée, réaliste et méthodique, orientée par ses intérêts économiques et par une compréhension supérieure des forces effectives en Europe. Il oppose à cette stratégie anglaise l’insuffisance des réponses allemandes et austro-hongroises, incapables de mobiliser à temps les forces politiques, nationales et économiques adéquates.
{visionner aussi cette conférence : https://www.soi-esprit.info/video/videos-diverses/neutralite-belgique-decision-britanique-guerre-terry-boardman}
10. L’Europe centrale doit opposer au programme de Wilson non pas de simples déclarations, mais un programme réel fondé sur ses propres forces historiques. Ce programme doit montrer concrètement comment la liberté des peuples peut résulter d’une organisation nouvelle de la vie commune, au lieu de rester un slogan abstrait.
11. Le cœur institutionnel du mémorandum réside dans une triple différenciation de la vie sociale : les affaires politiques, militaires et policières relèvent d’une représentation démocratique ; les affaires économiques d’un parlement économique distinct ; les affaires juridiques, pédagogiques et spirituelles doivent être confiées à la libre initiative des personnes et des corporations. Une instance commune de type sénatorial coordonnerait les questions générales.
12. Enfin, le texte conclut que l’Europe centrale n’a réellement que trois options : (1) attendre une victoire militaire, (2) accepter un programme de paix occidental jugé destructeur, ou (3) formuler clairement son propre programme de paix fondé sur la liberté réelle.
Le texte présente cette dernière voie comme la seule capable de préserver l’avenir de l’Europe centrale et d’offrir une paix viable.
Globalement : Ce mémorandum articule deux thèses indissociables : d’une part, une interprétation des causes de la guerre qui déplace la responsabilité principale loin de l’Allemagne prise isolément et insiste sur la dynamique austro-russe, la question slave et le rôle décisif de l’Angleterre ; d’autre part, une proposition positive pour l’avenir de l’Europe centrale, fondée sur une différenciation rigoureuse entre sphère politique, sphère économique et sphère spirituelle-juridique.
L’ensemble montre qu’une paix durable ne peut naître ni d’accusations morales ni de programmes abstraits, mais seulement d’une organisation conforme aux forces réelles des peuples et de la vie sociale.
Deuxième mémorandum (dernière version)
Pour la version complète en allemand : https://www.triarticulation.fr/EltsHisto/Memo02b.html
Les idées lprincipales dans ce document sont celles-ci :
- Le mémorandum commence par reconnaître la force de séduction morale des formules de Wilson sur la liberté des peuples, la paix et la justice, tout en affirmant qu’on ne peut pas s’en tenir à leur beauté apparente : en politique, seules comptent les réalités agissantes.
- Il ne faut pas juger les buts de l’Entente d’après leurs déclarations de principe, mais d’après leur véritable rapport de forces dans la vie des peuples. Pour l’Europe centrale, il est donc indispensable de regarder les faits avec froideur et de ne pas se laisser aveugler par les mots.
- Les paroles de Wilson ne sont pas un simple idéal humanitaire : elles servent de drapeau à une politique effective de guerre. Leur efficacité tient précisément à leur pouvoir de persuasion morale, ce qui les rend d’autant plus dangereuses pour l’Europe centrale.
- L’idée centrale est que le programme Entente-Wilson vise, derrière le langage de la libération, à soumettre les peuples d’Europe centrale et orientale à une dépendance économique à l’égard de l’anglo-américanisme, dépendance qui entraînerait ensuite une dépendance spirituelle et culturelle.
- Depuis longtemps, certains milieux dirigeants anglais pensaient un « futur conflit mondial » comme moyen d’assurer une domination mondiale anglo-américaine. Dans cette perspective, les aspirations des peuples slaves, ainsi que l’affaiblissement du monde latin, auraient été intégrés à une stratégie de puissance tournée contre les formations étatiques d’Europe centrale.
- Les présupposés du programme de l’Entente concernent dans le fond trois thèses fondamentales : premièrement, refuser aux États d’Europe centrale la capacité de résoudre les problèmes des peuples européens ; deuxièmement, les placer dans un rapport de dépendance économique ; troisièmement, organiser leur vie culturelle et spirituelle selon les intérêts de l’anglo-américanisme.
- En réponse, le mémorandum soutient que la véritable liberté européenne disparaîtrait si les objectifs de l’Entente triomphaient. Il affirme que les États d’Europe centrale sont, par leur situation même, les seuls à pouvoir porter une liberté réelle des peuples dans leur propre espace, à condition que les puissances anglo-américaines respectent cette autonomie.
- Les dimensions essentielles du conflit : vu d’Europe centrale, la guerre est à l’Est une guerre de peuples, et à l’Ouest, contre l’Angleterre et l’Amérique, une guerre économique. La question française de revanche n’y apparaît que comme un élément combiné à des intérêts plus vastes.
- La libération des peuples ne peut pas être le point de départ ; elle doit être le résultat de la libération des êtres humains. Autrement dit, c’est la liberté individuelle réelle qui fonde ensuite, de manière organique, la liberté des peuples.
- Sur cette base, le il s’agit de développer le principe fondamental de la séparation des trois sphères de la vie collective : la sphère politique, la sphère économique et la sphère spirituelle ou généralement humaine. Leur confusion est la cause profonde des conflits modernes, tandis que leur différenciation permettrait une harmonisation véritable.
- La sphère politique doit relever d’un conservatisme sain lié aux formations étatiques historiquement constituées ; la sphère économique doit obéir à ses propres nécessités ; et la sphère spirituelle, culturelle, religieuse et nationale doit reposer sur la liberté individuelle et sur des corporations libres auxquelles la personne adhère par son propre choix.
- Enfin, cette structuration différenciée n’est pas une utopie abstraite, mais une orientation conforme aux réalités profondes de l’Europe centrale. Si celle-ci affirmait ouvertement une telle volonté politique — la libération des peuples par la libération des êtres humains — elle opposerait aux formules de l’Entente une force de réalité capable de modifier le rapport historique et d’ouvrir la voie à une paix véritable.
En quelques mots : Le mémorandum affirme que les déclarations idéalistes de Wilson et de l’Entente ne doivent pas être prises au pied de la lettre, car elles recouvrent un projet de domination anglo-américaine sur l’Europe centrale et orientale.
Face à cela, l’Europe centrale ne doit pas répondre par de simples réfutations morales, mais par un programme fondé sur les faits : garantir la liberté véritable par une organisation sociale dans laquelle les domaines politique, économique et spirituel sont nettement distincts.
La thèse ultime du texte est que seule la libération de l’être humain, dans sa vie spirituelle et sociale, peut conduire authentiquement à la libération des peuples et à une paix durable.
NDLR : Il est généralement très peu connu que le président Woodrow Wilson joua un rôle majeur pour prôner et développer la ségrégation raciale aux USA. À découvrir ici : https://www.soi-esprit.info/actualites-titre/breves/393-depasser-le-nationalisme-pour-aller-au-dela-de-la-nation-vers-un-humanisme-universel )
Texte originel complet du deuxième mémorandum en langue allemande :
«Kein Volk darf gezwungen werden, unter einer anderen Herrschaft zu leben, der es widerstrebt. Besitzwechsel und Rückkehr in früher gültige Hoheitsverhältnisse ist nur in den Ländern zu gestatten, wo das Volk selbst zur Sicherung seiner Freiheit, seines Behagens und Zukunftsglücks Wechsel und Rückkehr verlangt... Die befreiten Völker der ganzen Erde müssen sich in aufrichtigem Gemeinschaftsempfinden... zu einem festen Bunde verknüpfen, der mit den geeinten Kräften aller den Frieden und die Gerechtigkeit im Völkerverkehr zu schirmen vermag. Brüderlichkeit darf nicht länger ein leeres Wort sein, muß ein allgemein anerkannter Begriff werden, der auf dem Felsen der Wirklichkeit ruht.»
So umschreibt Herr W.Wilson, was durch die Teilnahme Amerikas an diesem Kriege Wirklichkeit werden soll. Bestechende Worte sind es, denen gegenüber man sagen kann, daß sich jeder vernünftige Mensch mit gesundem Empfinden zu ihnen bekennen müsse. Schriebe sie ein schriftstellernder Menschenfreund zur Erbauung eines Leserkreises nieder, man könnte bei der Anerkennung ihrer Selbstverständlichkeit stehen bleiben. Man könnte auch mit der Geste des Moralisten versichern, daß der kein Freund des Fortschrittes und der Freiheit sein könne, der etwas dagegen einwenden will. Man kann sogar heute schon Stimmen vernehmen, die betonen, daß dieser Krieg doch die Lehre gebracht habe: Nur derjenige treibe gegenwärtig höhere, zeitgemäße Politik, der sich zu einem solchen oder einem ähnlichen Ideale bekenne und sein Handeln danach einrichte.
Reden über «Anschauungen» und davon, daß diese oder jene Anschauung vertreten werden müsse, weil man an sie glaubt, führt niemals zu einer Grundlage für das praktische Handeln. Dazu taugt allein, die Wirklichkeit scharf ins Auge zu fassen. Für den Angehörigen der mitteleuropäischen Staaten kann keine Auseinandersetzung über die «allgemein-menschliche» Berechtigung der Ententeziele, gewissermaßen eine solche über ihre «Schönheit» von Wert sein, sondern allein die Erkenntnis von ihrem wirklichen Kräfteverhältnis im Völkerleben. Deshalb wird im folgenden die für Europa wirkliche Gestalt der Ententeziele ins Auge gefaßt ohne Rücksicht darauf, daß das, was hier gesagt wird, den Ententeführern nicht angenehm klingen kann. Nur durch ein so orientiertes Denken kann man zu praktischen Impulsen kommen. Die Dinge werden etwas scharf formuliert werden, weil sie dieses aus den angegebenen Gründen müssen. Ausdrücklich bemerkt soll werden, daß vorhandene Stimmungen bei dieser Formulierung keine Rolle spielen sollen, sondern allein die nüchterne Beobachtung der Tatsachen in den letzten Jahrzehnten. Was die Entente will, einzusehen, muß Grundlage sein für die in Mitteleuropa zu findenden Richtlinien; sich blenden lassen durch das, was sie sagt, führt auf die schlimmsten Abwege.
Es ist jedenfalls eine undankbare Aufgabe, gezwungen zu sein, sich gegen Vorstellungen wenden zu müssen, welche in hohem Grade die Vernunft und das Herz der Menschen für sich zu haben scheinen. Die noch dazu das Ergebnis der «wahren geschichtlichen Entwickelung der Menschheit zur edelsten Demokratie» zu sein scheinen. Und dennoch muß das folgende auf der Grundlage erbaut sein, daß das Bekenntnis zu Wilsons Wollen nicht nur den Angehörigen der mittel- und osteuropäischen Völker ein logisches Laster sein muß, sondern auch, daß innerhalb dieses Krieges und nach demselben jede einzelne Handlung und Maßnahme so geschehen müssen, daß dieses Wilsonsche und Entente-Wollen an der Gesundheit und Fruchtbarkeit dieser Maßnahmen und Handlungen sich brechen muß.
In den Ausdruck, den Herr Wilson seinem Wollen gegeben hat, sind die nach Verdunklung ihrer wahren Gestalt strebenden Kriegsziele der Entente auf fragwürdige Art hineingeheimnist. Man hat es mit den letzteren zugleich zu tun, wenn man sich mit den ersteren zu schaffen macht. Auf eine noch so geistreiche begriffliche Widerlegung des Wilsonschen «Programmes» darf es in dieser Zeit nicht ankommen. Man hat es gegenwartig nicht mit Auseinandersetzungen zu tun, die entscheiden sollen, wer recht oder unrecht hat. Auf dem Felde, um das es sich hier handelt, hat nur Wert, was geschieht oder was den Keim für das Geschehen in sich trägt. Und Gedanken, die in Mitteleuropa als Keime für das Handeln von heute und morgen gedacht und gesprochen werden, haben nur Wert, wenn sie in diesem Sinne gehalten sind.
Wilsons Worte sind nicht von einem schriftstellernden Menschenfreund gesprochen. Sie sind die Fahne der Taten, zu denen sich die Amerikaner waffnen, und welche die Entente seit drei Jahren gegen Mitteleuropa vollbringt. Die Tatsachen stehen so, daß Mitteleuropa gegen das zu kämpfen hat, das hinter dieser Fahne behauptet, zum Heile der Menschheit, zur Befreiung der Völker zu Felde zu ziehen. Die Entente und Wilson sagen, wofür sie zu kämpfen vorgeben. Ihre Worte haben Werbekraft. Ihre Werbekraft wird immer bedenklicher. Es gibt Menschen in Mitteleuropa, die gewiß nicht eingestehen wollen, daß sie Wilson nachsprechen, deren Ideen aber dessen Worten nicht unähnlich klingen.
Wer den Ursprung dieses Krieges in einem tieferen Sinne kennt, der kann nicht anders, als die Notwendigkeit betonen, daß das Entente-Wilson-Programm durch Mitteleuropa die schärfste Zurückweisung durch Tatsachen erfährt. Denn das real Aussichtsvolle dieses Programmes - neben seinem moralisch Blendenden - liegt darin, daß es die Instinkte der mittel- und osteuropäischen Völker dazu benützen will, diese Völker durch moralisch-politische Überrumpelung in wirtschaftliche Abhängigkeit von dem Anglo-Amerikanismus zu bringen. Die geistige Abhängigkeit würde dann nur die notwendige reale Folge sein. Wer weiß, daß man in englischen eingeweihten Kreisen seit dem vorigen Jahrhundert von dem «kommenden Weltkriege» sprach als von dem Ereignis, das der anglo-amerikanischen Rasse die Weltherrschaft bringen müsse, der kann keinen besonderen Wert darauf legen, daß die Führer der Ententevölker sagen, sie seien von diesem Kriege überrascht worden oder sie haben ihn verhindern wollen, selbst wenn diese Versicherungen bei denen, die sie augenblicklich aussprechen, subjektive Wahrheit haben sollten. Denn diejenigen, welche von dem «kommenden Weltkrieg» als einem unabwendbaren Ereignisse sprachen, rechneten mit den wirklichen historisch-völkischen Kräften Europas. Sie rechneten mit den Instinkten der europäischen, namentlich der slavischen Völker. Und sie wollten die Ideale dieser slavischen Völker so lenken und so benützen, daß sie dem Völkeregoismus des Anglo-Amerikanertums dienstbar seien. Sie rechneten ferner mit dem Untergange des Romanentums, auf dessen Trummern sie sich selbst ausbreiten wollen. Sie rechneten also mit großzügigen, historisch-völkischen Gesichtspunkten, die sie in den Dienst ihrer eigenen Ziele stellen wollen. Und diese Ziele führen, ob dieses auch noch so stark abgeleugnet wird von Ententeseite aus, zur Absicht, die mitteleuropäischen Staatsgebilde zu zermalmen.
Das Richtige ist, ganz nüchtern zu betonen, daß das Ziel der Ententeführer die Zerdrückung Mitteleuropas ist, denn nur die Betonung dieses Zieles kann die Antwort sein auf die so wirksamen Entente-Aussagen; aber eine Antwort, die gewissermaßen negativ ist, weil sie das widerlegen will, was auf der Ententeseite gesagt wird, hat keinen Wert. Deshalb soll die folgende Antwort positiv sein, das heißt auf die Tatsachen hinweisen, die von Mitteleuropa aus der Entente gegenüberstehen.
Nur die Erkenntnis, daß dies so ist, kann Mitteleuropa diejenigen Impulse bringen, welche aus dem Chaos der Gegenwart herausführen. Die mitteleuropäischen Staatengebilde können sich nur auf den Standpunkt stellen, das Ententeprogramm durch ihre eigenen Maßnahmen unwirksam zu machen. Dieses Ententeprogramm beruht - ob mehr oder weniger ausgesprochen oder unausgesprochen - auf drei Voraussetzungen:
1. daß die historisch gewordenen mitteleuropäischen Staatsgebilde nicht als diejenigen - vom Standpunkte der Entente - anerkannt werden dürfen, welchen es obliegt, die europäischen Völkerprobleme zu lösen;
2. daß diese mitteleuropäischen Staatsgebilde wirtschaftlich nicht in einem Konkurrenz-, sondern in einem Abhängigkeitsverhältnisse vom Anglo-Amerikanertum stehen müssen;
3. daß die kulturellen (geistigen) Verhältnisse Mittel-und Osteuropas geordnet werden, wie es im Sinne des Volksegoismus des Anglo-Amerikanertums ist.
Nur wer vermag zu erkennen, daß die Übersetzung dieser drei Punkte in die Wilson-Entente-Sprache die ist, welche Wilson in seinem Sendschreiben an die Russen angewendet hat, der durchschaut, um was es sich handelt.
Es könnte auch sein, daß wir durch die zwingende Lage der Tatsachen in der nächsten Zeit einen Frieden erhalten. Vielleicht, wenn England sieht, daß es sich augenblicklich nicht mehr halten kann, ohne seine Zustimmung zur Beendigung des Krieges zu geben. Das alles ändert am Wesentlichen auf Seite des Anglo-Amerikanismus nichts. Wenn es dieses Anglo-Amerikanertum möglich findet, den Krieg fortzusetzen, dann wird es weiter die drei obigen Punkte in die Formel des Wilsonschen Sendschreibens kleiden: «Nach diesem Ziel haben wir immer hingestrebt, und knauserten wir jetzt mit Blut und Geld, so kämen wir vielleicht nie in die Einheit und Kraft, die im Kampfe für die große Sache der Menschheitsbefreiung notwendig sind.» Sind die führenden Mächte Englands genötigt, in der nächsten Zeit den Krieg zu Ende kommen zu lassen, dann wird die künftige Politik, die im Sinne der obigen drei Punkte weiter orientiert sein würde, in die Formel gebracht werden: «Wir haben für die Menschheitsbefreiung Geld und Blut opfern wollen, wir haben es auch in hohem Grade getan, während die mitteleuropäischen Mächte nur auf das Entgegengesetzte bedacht waren. Wir haben gegen die Gewalt vorläufig nur Teilweises erreichen können. Unser Ziel steht uns ungeschmälert vor Augen, weil es das Ziel der Menschheit selber ist.»
Dem, was in diesen Absichten tatsächlich liegt, wird man nur wirklich gewachsen sein, wenn man in Mitteleuropa praktisch nach der Erkenntnis handelt: Im Westen nennt man die Herrschaft des Anglo-Amerikanertumes Menschheitsbefreiung und Demokratie. Und weil man das tut, erzeugt man den Schein, als ob man auch wirklich ein Menschenbefreier sein wolle.
Wirksam gegen die Folgen dieses ungeheuerlichen Blendwerkes, gegen die Folgen eines selbstverständlichen Rassenegoismus im Gewande einer unmöglichen Moral kann nur sein die eigene Einstellung Mitteleuropas auf die volle Wahrheit der Tatsachen. Und diese Wahrheit ist:
1. Mit der Erreichung der Ententeziele in bezug auf die mitteleuropäischen Staatsgebilde geht die wirkliche europäische Freiheit verloren. Denn diese Staatsgebilde können sie verwirklichen, weil sie im Interesse dieser Staatsgebilde selber liegt, und Staaten nicht anders handeln können, als indem sie ihre Interessen im Auge haben. Der Anglo-Amerikanismus kann diese Völkerfreiheit nicht verwirklichen, weil sie, sobald sie vorhanden ist, gegen das Interesse der anglo-amerikanischen Staatsgebilde ist, solange dies Interesse so ist, wie es jetzt ist, und wie es diesem Kriege mit tatsächlicher Notwendigkeit sein Gepräge gegeben hat. Die anglo-amerikanischen Staaten müssen eben einsehen, daß sie das Interesse der mitteleuropäischen Staaten neben sich respektieren müssen, und daß sie die Ordnung der mitteleuropäischen Völkerfreiheit den mitteleuropäischen Staaten überlassen müssen, die allein ihr wirkliches Staatsinteresse in der Förderung dieser Freiheit sehen können.
2. Dieser Krieg ist vom mitteleuropäischen Gesichtspunkte aus nach Osten hin ein Völkerkrieg, nach Westen - gegen England-Amerika - ein Wirtschaftskrieg. Der Revanchekrieg gegen Frankreich ist nur durch die Verquickung der Revancheidee mit den englisch-amerikanischen Wirtschaftsinteressen und den russisch-slavischen Völkeridealen möglich geworden.
3. Die Völkerbefreiung ist möglich. Sie kann aber nur das Ergebnis, nicht die Grundlage der Menschenbefreiung sein. Sind die Menschen befreit, so werden es durch sie die Völker.
Mitteleuropa kann, wenn es will, im Sinne dieser drei Grundlagen handeln. Und sein Handeln wird ein Tatsachenprogramm sein; es wird so handeln, wenn es ein sachliches Programm der Menschheitsbefreiung dem Entente-Wilsonschen Programme entgegenstellen wird, welches ganz ohne alle Kenntnis der mitteleuropäischen Völkerkräfte von etwas spricht, das in der Welt der Tatsachen nicht, sondern nur in den Aspirationen der anglo-amerikanischen Rassenegoismen vorhanden ist. Das hier für Mitteleuropa als richtig angesehene Programm ist nicht radikal in dem Sinne, in dem man in vielen Kreisen vor dem Radikalismus zurückschreckt. Es ist vielmehr nur ein Ausdruck für die Tatsachen, welche sich durch ihre eigene Kraft in Mitteleuropa verwirklichen wollen. Sie sollten mit vollem Bewußtsein verwirklicht werden, nicht verborgen gehalten werden, um im Nebel der Entente-Wilson-Ziele doch ihrer Verwirklichung durch ihre eigene Natur entgegenzustreben und dadurch korrumpiert zu werden, und zum Anstoß und Vorwand für kriegerische Verwickelungen zu werden.
Die rechte Verwirklichung wird nie geschehen, wenn das, was Mitteleuropa wollen muß, verdeckt bleibt durch die unnatürliche Vermischung von politischen, wirtschaftlichen und allgemein menschlichen Interessen.
Denn die politischen Verhältnisse fordern, wenn sie gedeihen sollen, den gesunden Konservatismus im Sinne der Erhaltung und des Ausbaues der historisch gewordenen Staatsgebilde. Gegen diesen Konservatismus, der für Mitteleuropa eine Lebensbedingung ist, sträuben sich die wirtschaftlichen und allgemein-menschlichen Interessen nur so lange, als sie durch ihre Vermischung mit ihm zu leiden haben. Und der politische Konservatismus hat, wenn er sich auf sein wahres Interesse besinnt, nicht die geringste Veranlassung, sich durch das Zusammenwerfen mit wirtschaftlichen und allgemein-menschlichen Interessen seine berechtigten Kreise fortwährend stören zu lassen. Hört die Vermischung auf, dann versöhnen sich die wirtschaftlichen und allgemein-menschlichen Verhältnisse mit dem politischen Konservatismus, und dieser kann sich seinem eigenen Wesen gemäß ruhig entwickeln. Die wirtschaftlichen Verhältnisse fordern zu ihrem Gedeihen den Opportunismus, der ihre Ordnung nur nach ihrem eigenen Wesen zustande bringt. Es muß zu Konflikten führen, wenn die wirtschaftlichen Maßnahmen in einem anderen Zusammenhang mit politischen und allgemein-menschlichen Anforderungen stehen, als bloß in einem solchen, der sich bei ihnen zukommenden eigenen Gesetzgebungen und Verwaltungen durch den selbstverständlichen Lebenszusammenhang ergibt. Gemeint sind hier nicht etwa bloß innerstaatliche Konflikte, sondern vorwiegend solche, welche nach außen hin in politischen Schwierigkeiten und in kriegerischen Explosionen sich entladen.
Die allgemein-menschlichen Verhältnisse und die mit ihnen zusammenhängenden Völkerfreiheitsfragen fordern im Sinne der Gegenwart und Zukunft zu ihrer Grundlage die individuelle Freiheit des Menschen. In diesem Punkte wird man nicht einmal einen Anfang mit sachgemäßen Anschauungen machen, solange man glaubt, von einer Freiheit oder Befreiung der Völker könne gesprochen werden, ohne daß man diese auf der individuellen Freiheit des Einzelmenschen aufbaut, und solange man nicht einsieht, daß mit der wirklichen individuellen Freiheit die Befreiung der Völker auch notwendig gegeben ist, weil sie als Folge der ersteren durch einen naturgemäßen Zusammenhang sich einstellen muß. Der Mensch muß sich zu einem Volke, zu einer Religionsgemeinschaft, zu jedem Zusammenhang, der sich aus seinen allgemein-menschlichen Aspirationen ergibt, bekennen können, ohne daß er in diesem Bekenntnisse von seinem politischen oder wirtschaftlichen Zusammenhange durch die Staatsstruktur abgehalten wird.
Darauf kommt es an, einzusehen, daß alle Formen der Staatsstruktur als historisch Gewordenes fähig sind, die Menschenbefreiung durchzuführen, wenn sie durch ihr eigenes Interesse darauf gewiesen sind, was im eminenten Sinne gerade bei den mitteleuropäischen Staaten der Fall ist. Eine parlamentarische Gestaltung dieser Staaten mag aus Gründen der Zeitentwickelung und des Völkerempfindens heute als notwendig angesehen werden. Mit den Fragen, die angesichts dieser Kriegswirren jetzt in die Weltöffentlichkeit geworfen werden müssen, hat nur die charakterisierte Dreigliedrigkeit der Staatsstruktur zu schaffen. Die bloße Frage nach dem Parlamentarismus ändert an den Verhältnissen, die in das gegenwärtige Chaos geführt haben, nichts. Von diesem reden die westlichen Völker so viel, weil sie von den mitteleuropäischen Verhältnissen nichts verstehen und dem Glauben sich hingeben, was für ihre Interessen von ihnen für das richtige gehalten wird, müsse als Allerweltsschablone dienen. Für Mitteleuropa gilt, auch wenn Parlamentarismus herrschen soll, dann ein solcher, in dem die politischen, die wirtschaftlichen und die allgemein-menschlichen Verhältnisse unabhängig voneinander in Gesetzgebung und Verwaltung sich entfalten, und so sich gegenseitig stützen, statt sich in ihren Wirkungen nach außen zu verstricken und in Konfliktsstoffen zu entladen. Mitteleuropa befreit sich und die Welt von solchen Konfliktsstoffen, wenn es die angedeutete gegenseitige Störung der drei menschlichen Lebensformen in seinen Staatsstrukturen ausschließt. Keine Ententeziele und keine Wilsonschen Ziele können aufkommen gegenüber der Kraft, die von Mitteleuropa aufgezeigt wird, wenn dieses der Welt vorstellt, was nur es allein vermag, und was niemand anderer vollbringen kann. Die Menschheits- und damit die Völkerbefreiung wird als notwendiger Teil der mitteleuropäischen Staats- und Völkerinstinkte vor der Welt aufgestellt, wenn sie so, wie hier angedeutet, als tatsachenverbürgender Impuls in die Geschehnisse der Gegenwart hineingeworfen werden.
Was hier ausgeführt ist, soll nicht ein utopistisches Programm vorstellen, es soll nicht historische Rechte und Rechtsgefüge aus der Welt schaffen. Es stellt für den, der es genau betrachtet, etwas dar, das mit völliger Beachtung aller historischen Berechtigungen bei Anerkennung der tatsächlichen Verhältnisse ohne irgendwelche Bedenken aus den gegenwärtigen Staatsstrukturen herauswachsen kann. Es ist daher selbstverständlich, daß sich das hier Auszuführende alles Eingehens auf Einzelheiten enthält. Solche Einzelheiten ergeben sich bei wirklich praktisch gedachten Impulsen erst in der Ausführung. Nur der Utopist kann im einzelnen ausdenken, dafür sind seine dem abstrakten Denken entsprungenen Aufstellungen auch nicht durchführbar. Was hier gesagt wird, darf nur in allgemeinen Richtlinien auftreten. Diese Richtlinien aber sind eben nicht erdacht, sondern an den mitteleuropäischen Lebensverhältnissen beobachtet. Das verbürgt, daß sie sich gerade dann bewähren werden, wenn die Praxis darangeht, sie als Richtlinien zu benützen. Wovon hier geredet wird, das ist gewissermaßen als Lebensbedürfnis schon da. Es handelt sich nur darum, diesem Lebensbedürfnisse zu dienen. Und auch deswegen braucht über das einzelne jetzt nicht gesprochen zu werden, weil dieses eine innere Angelegenheit der mitteleuropäischen Staaten ist. In diesem Augenblick ist nur nötig, so viel von der Sache vor der Welt geltend zu machen, als Bedeutung nach außen hat. Worauf es ankommt, das ist, aus dem mitteleuropäischen Leben heraus die Impulse zu zeigen, die in diesem wirklich liegen, und dies so zu zeigen, daß die westlichen Gegner sehen, daß sie bei einer weiteren Fortsetzung des Krieges sich diesen unverwüstlichen Impulsen gegenübergestellt finden müssen. Es wird dadurch den Ententeführern etwas entgegengestellt, nicht bloß entgegengehalten, was ihnen bis jetzt nicht entgegengestellt worden ist, und was sie durch kein Kriegsprogramm von ihrer Seite bezwingen können. Eine solche vor der Welt geführte Sprache, wie sie hier gemeint ist, die den Keim der Tatsachen in sich trägt, muß Folgen haben. Die Ausgleichung mit Rußland braucht im gegenwärtigen Augenblick für das hier angegebene nicht gesucht zu werden, denn diese Ausgleichung muß sich im Verfolge der Sache von selbst ergeben. Und die Einsicht, daß ein solches Ergebnis eintreten muß, wird bei den russischen Führern Impulse zeitigen, die nur günstige Erfolge haben können. Immer muß bei alledem in Betracht gezogen werden, was das Angedeutete nicht zunächst als innere Staatsangelegenheit bedeutet, sondern was es bedeutet als Manifestation nach außen hin innerhalb des gegenwärtigen Weltkonfliktes zu seiner Beendigung, namentlich im politischen Kampfe mit den Manifestationen der Ententeführer und Wilsons. Das Innere kommt in diesem Falle in einem ähnlichen Sinne in Betracht, wie die Tatenwirkungen des Denkens eines Menschen für andere Menschen eine Realität sind, trotzdem die Art, wie er denkt, nur eine innere Angelegenheit seiner Organisation ist. Er hat aber nur nötig, über die Wirkung seines Denkens mit anderen sich auseinanderzusetzen, nicht über die Verfassung seines Inneren.
In Gesetzgebung, Verwaltung und sozialer Struktur die Trennung des Politischen, Wirtschaftlichen und Allgemein-Menschlichen als Ziel des mineleuropäischen Strebens anerkennen und annehmen, das paralysiert die Kräfte der Westmächte. Das zwingt sie, neben den europäischen Mittelmächten und den mit den letzteren unter solchen Bedingungen zusammengehenden Ostmächten sich in ein Verhältnis zu denken, in dem die Westmächte sich darauf beschränken, sich im Gebiete ihrer Volksinstinkte die ihnen angemessene Struktur zu geben (als staatliche Gebilde), und die mittel- und osteuropäischen Völker ihre Gemeinsamkeiten im Sinne wirklicher Menschenbefreiung auch innerhalb des ihnen zukommenden naturgemäßen Raumes ohne Störung, wie sie als Ursache dieses Krieges vorhanden war, sich ausleben zu lassen, während sie jetzt allein ihren Willen glauben als das im Weltkonflikte maßgebende hinstellen zu können.
Es kommt alles darauf an, einzusehen, wie anders sich die Verhältnisse zwischen Staaten und Völkern und auch Einzelmenschen abspielen, wenn diesen Verhältnissen zugrunde liegt diejenige Wirkung nach außen, die aus der Trennung der drei Lebensfaktoren folgt, als wenn in diese Außenwirkung verstrickt sind die Konflikte, die sich aus ihrer Vermischung ergeben. Man wird in Zukunft die Vorgeschichte dieses Krieges nämlich so schreiben, daß man geradezu zeigen wird, wie derselbe durch die unglückselige gegenseitige Störung der drei Lebenskreise im Völkerverkehre entstanden ist.
Bei ihrer Trennung wirkt nach außen hin die Kraft des einen Lebenskreises im Sinne der Harmonisierung auf die anderen; insbesondere gleichen die wirtschaftlichen Interessenkräfte Konflikte aus, die auf politischem Boden entstehen, und die allgemein-menschlichen Interessenkreise können ihre völkerverbindende Kraft entfalten, während gerade diese Kraft in völlige Unwirksamkeit getrieben wird, wenn sie nach außen belastet mit den politischen und wirtschaftlichen Konflikten auftreten muß. Über nichts hat man sich in der jüngsten Zeit größeren Täuschungen hingegeben als über den letzten Punkt. Man sah nicht, daß allgemein-menschliche Verhältnisse nach außen ihre wahre Kraft nur entfalten können, wenn sie im Innern auf der Grundlage der freien Korporation aufgebaut sind. Sie wirken dann im Zusammenhange mit den wirtschaftlichen Interessen so, daß im Verfolg dieser Wirkungen dasjenige sich im lebendigen Werden naturgemäß entwickelt, dem man durch die Schaffung von utopistischen, überstaatlichen Organisationen ein zweifelhaftes Zukunftsdasein geben will: Utopistische Schiedsgerichte, ein Wilsonscher «Völkerbund» und so weiter, die zu nichts anderem führen können, als zu der fortdauernden Majorisierung Mitteleuropas durch die anderen Staaten. Solche Dinge leiden an dem Fehler, unter dem alles leidet, was aus Wunschabstraktionen den Tatsachen aufgedrängt wird, während man mit dem hier Gemeinten einer Entwickelung freie Bahn schafft, die aus den Tatsachen selbst heraus nach ihrer Verwirklichung strebt, und die daher sich auch verwirklichen kann.
Das Folgende wie im ersten Memorandum S. 344 «Erkennt man dieses.. »bis S. 350 «erscheinen muß.» Der Schluß des zweiten Memorandums lautet:
... Es ist ganz selbstverständlich, daß vielen gegen das hier Vorgebrachte unzählige Bedenken aufsteigen werden. Allein solche Bedenken kämen nur in Betracht, wenn das Vorliegende als ein Programm gedacht wäre, an dessen Verwirklichung ein einzelner oder eine Gesellschaft gehen sollte. So ist es aber nicht gedacht, ja, es widerlegt sich selber, wenn es so gedacht wäre. Es ist als der Ausdruck dessen gedacht, was die Völker Mitteleuropas tun werden, wenn man sich von seiten der Regierungen die Aufgabe stellen wird, die Volkskräfte zu erkennen und zu entbinden. Was im einzelnen geschehen wird, das zeigt sich bei solchen Dingen immer dann, wenn sie sich auf den Weg der Verwirklichung begeben. Denn sie sind nicht Vorschriften über etwas, was zu geschehen hat, sondern Voraussagen dessen, was geschehen wird, wenn man die Dinge auf ihre durch die eigene Wirklichkeit geforderte Bahn gehen läßt. Und diese eigene Wirklichkeit schreibt vor bezüglich aller religiösen und geistig-kulturellen Angelegenheiten, wozu auch das Nationale gehört: Verwaltung durch Korporationen, zu denen sich die einzelne Person aus freiem Willen bekennt und die in ihrem Parlamente als Korporationen verwaltet werden, so daß dieses Parlament es nur mit der betreffenden Korporation, nie aber mit der Beziehung dieser Korporation zu der einzelnen Person zu tun hat. Und nie darf es eine Korporation mit einer unter demselben Gesichtspunkt zu einer anderen Korporation gehörigen Person zu tun haben. Solche Korporationen werden aufgenommen in den Kreis des Parlamentes, wenn sie eine bestimmte Anzahl von Personen vereinigen. Bis dahin bleiben sie Privatsache, in die sich keine Behörde oder Vertretung zu mischen hat. Für wen es ein saurer Apfel ist, daß von solchen Gesichtspunkten aus alle geistigen Kulturangelegenheiten künftig der Privilegierung entbehren müssen, der wird eben in diesen sauren Apfel zum Heile des Volksdaseins beißen müssen. Bei der immer weitergehenden Gewöhnung an diese Privilegierung wird man ja in weiten Kreisen schwer einsehen, daß man auf dem Wege von der Privilegierung gerade der geistigen Berufe zum guten alten, uralten Prinzip der freien Korporierung zurückkehren muß, und daß die Korporation zwar einen Menschen in seinem Berufe tüchtig machen soll, aber daß man die Ausübung dieses Berufes nicht privilegieren, sondern der freien Konkurrenz und der freien menschlichen Wahl überlassen muß, das wird von allen denen schwer einzusehen sein, die gerne davon sprechen, daß die Menschen doch zu dem oder jenem nicht reif seien. In der Wirklichkeit wird dieser Einwand ja ohnedies nicht in Betracht kommen, weil mit Ausnahme der notwendig freien Berufe über die Wahl der Petenten die Korporationen entscheiden werden.
Ebensowenig können sich Schwierigkeiten ergeben bezüglich des Politischen und des Wirtschaftlichen, die nicht real behebbar wären bei der Verwirklichung des Intendierten. Wie zum Beispiel pädagogische Institutionen zustande kommen müssen, die in ihren Richtlinien die beiden nicht die eigentliche Pädagogik in sich schließenden Vertretungen berühren, das ist eine Sache des übergeordneten Senates.
Alle einzelnen Einrichtungen, wie sie hier gedacht sind, lassen sich erreichen durch Ausbau der historisch gegebenen Faktoren, die in keinem Lande Mitteleuropas etwa beseitigt oder durch andere radikal ersetzt zu werden brauchen. In dem Bestehenden können überall die Punkte gefunden werden, welche, in der angedeuteten Richtung verfolgt, die Völkerbefreihung auf Grund der Menschenbefreiung ergeben. Hier zu «beweisen», daß das Gesagte «richtig» ist, wäre widersinnig; denn diese Richtigkeit muß sich ergeben aus der Tatsache der Verwirklichung. Die nächste Verwirklichung wäre das Sich-Bekennen zu diesen Impulsen an autoritativer Stelle. Darüber, daß schon dieses offene Bekenntnis eine ungeheuere, für die mitteleuropäischen Staaten günstige Wirkung haben muß, braucht niemand bange zu sein. Man kann vielmehr ruhig abwarten, was die Entente-Führer tun (nicht sagen) werden, wenn ihnen dieses offene Bekenntnis entgegensteht. Mit ihm müssen sie anders rechnen, als sie mit allem gerechnet haben, was bisher von Mitteleuropa ausging. Bisher brauchten sie bloß mit dem Waffen-Erfolge Mitteleuropas zu rechnen; sie sollen auch rechnen mit dessen politischem Wollen.
Wer das hier Angedeutete in wirklich praktischem Sinne denkt, das heißt im Einklang mit den tatsächlichen Verhältnissen, der wird finden können, daß damit eine Grundlage geschaffen ist, auf der auch so komplizierte Fragen wie die der österreichischen Sprachenfrage - einschließlich der Staats- und Verkehrssprache - und der deutschen Kolonialfragen ruhen können. Denn mit dem hier Gedachten wird der Fehler vermieden, den man bisher immer gemacht hat, nämlich daß man an eine Lösung solcher Fragen dachte, ehe man die Tatsachen-Grundlagen geschaffen hatte, auf denen sich eine Lösung erst aufbauen läßt. Man ging bisher stets darauf aus, ein erstes Hausstockwerk aufzubauen, ohne an das Erdgeschoß zu denken. Dieses Erdgeschoß aber ist für die mitteleuropäischen Staaten die Anerkennung ihrer naturgemäß notwendigen Struktur in konservativ-historisch-politische Vertretung und Verwaltung, abgetrennt von der Organisation des opportunistisch-wirtschaftlichen und des geistig-kulturellen Elementes. Steht man auf diesem Boden fest, dann erst kann auf dieser Grundlage von Parlamentarismus, Demokratismus und ähnlichem gesprochen werden. Denn diese Dinge werden an sich nicht anders, ob sie der Ausdruck einer in Mitteleuropa für die Dauer unmöglichen Verquickung der politischen, wirtschaftlichen und geistig-kulturellen Elemente sind, oder derjenige der naturgemäßen Gliederung dieser Elemente. - Gerade an der Wirkung, die ein in diesem Sinne gehaltenes offenes Bekenntnis auf die Führer der Entente hervorbringen würde, könnte man bei Eintritt dieser Wirkung sehen, wie man mit diesem Bekenntnis auf dem realen Boden der Tatsachen steht.
*
Die Ausführbarkeit des in dieser Darstellung Gegebenen wird niemand bezweifeln, der aus den wirklichen Verhältnissen Mitteleuropas heraus denkt. Denn hier wird nichts «als Programm» gefordert, sondern es ist nur aufgezeigt, was sich durchführen will, und was in demselben Augenblicke gelingt, in dem man ihm freie Bahn gibt.
Träte an die Stelle der Entente-Wilsonschen Friedensformel dasjenige, was ohne Maske das Wesen dieser Formel ist, so käme das folgende heraus: «Wir Anglo-Amerikaner wollen, daß die Welt werde, wie wir sie wünschen. In diesen Wunsch hat sich Mitteleuropa zu fügen.» Diese unmaskierte Friedensformel zeigt, daß Mitteleuropa in den Krieg getrieben werden mußte. Siegte die Entente, so wäre Mitteleuropas Entwickelung ausgelöscht. Fügt Mitteleuropa zu der Unbesieglichkeit seiner Waffen als Friedensangebot gegenüber der Welt die unbedingteste Absicht, zu verwirklichen, was nur Mitteleuropa in Europa verwirklichen kann, die Völkerbefreiung durch die Menschenbefreiung, dann kann dieses Mitteleuropa dem Gerede von «dem Rechte und der Freiheit der Völker» das tatsächliche, wahre Wort entgegensetzen: «Wir kämpfen für unser Recht und unsere Freiheit und die Verwirklichung dieser Menschheitsgüter, die wir uns nicht nehmen lassen können und wollen, beeinträchtigt durch ihr eigenes Wesen kein wirkliches Recht und keine Freiheit eines andern. Denn was wir wollen werden, wird die Bürgschaft davon in sich selbst tragen. Könnt ihr Westvölker euch mit uns auf dieser Grundlage verständigen und seht ihr Ostvölker ein, daß wir nichts anderes wollen als ihr selbst, wenn ihr euch erst recht selbst versteht, dann ist morgen der Friede möglich.»
Appel au peuple allemand et au monde de la culture
2 février 1919
Aufruf: An das deutsche Volk und die Kulturwelt!
- Le texte affirme que le peuple allemand s’était cru durablement assuré dans l’édifice impérial fondé un demi-siècle plus tôt, mais que la catastrophe de la guerre a révélé cet édifice comme ruiné et a détruit les convictions dominantes des cinquante dernières années.
- La condition de survie du peuple allemand dépend désormais d’une véritable introspection : il faut se demander sérieusement comment l’on est tombé dans cette erreur historique et reconnaître la responsabilité de ses propres représentations.
- L’erreur fondamentale réside dans le fait que l’Empire a bien été fondé politiquement, mais qu’on a omis de lui donner une mission découlant de l’essence profonde du peuple allemand et de son rôle propre dans l’histoire universelle.
- Dans un premier temps, l’Empire a cherché à organiser sa vie intérieure selon les traditions anciennes et les besoins nouveaux ; par la suite, il s’est surtout attaché à renforcer sa puissance extérieure fondée sur des forces matérielles, sans se donner un but supérieur à la hauteur de l’évolution de l’humanité moderne.
- Les mesures sociales adoptées à l’époque ont certes répondu à certaines nécessités immédiates, mais elles sont restées privées d’une grande orientation directrice, issue d’une compréhension véritable des forces de développement auxquelles l’humanité contemporaine devait se consacrer.
- Le monde extérieur n’a pas pu reconnaître, dans l’attitude de l’Empire allemand, l’accomplissement d’une mission historique universelle qui justifierait son maintien ; c’est pourquoi l’incapacité de ses dirigeants à trouver cette mission a constitué une cause profonde de l’effondrement allemand.
- Il appelle à remplacer le « petit » mode de pensée centré sur les exigences immédiates par une vaste conception de la vie, capable de saisir avec force les puissances d’évolution de l’humanité moderne et de s’y consacrer avec courage ; il condamne en particulier l’étroitesse d’esprit de ceux qui se croient « praticiens » tout en discréditant les véritables penseurs de l’avenir comme de simples idéalistes.
- Le texte explique que les exigences nouvelles de l’humanité ont surgi du développement de la vie économique moderne, et que les réponses apportées jusqu’ici — qu’il s’agisse de socialisation partielle ou totale, d’État, de commune ou de coopérative — restent insuffisantes lorsqu’elles demeurent prisonnières de formes héritées et d’habitudes de pensée anciennes.
- La thèse centrale est qu’aucune communauté formée selon les anciennes représentations ne peut accueillir ce que l’époque nouvelle exige réellement : les forces du temps appellent à une compréhension consciente d’une structure sociale entièrement nouvelle.
- Cette structure nouvelle est décrite par analogie avec l’organisme naturel : de même que l’organisme humain distingue des fonctions irréductibles les unes aux autres, l’organisme social doit être articulé en systèmes distincts dont aucun ne peut assumer la tâche de l’autre, tout en coopérant avec eux.
- L’auteur distingue ainsi trois sphères autonomes : la vie économique, qui doit se développer selon ses lois propres ; la vie politique ou juridique, qui doit subsister à côté d’elle dans une indépendance pleine ; et la vie de l’esprit ou de la production spirituelle, qui doit constituer un troisième domaine autonome avec sa propre régulation et son administration propre.
- Enfin, le texte conclut que l’Allemagne ne pourra tirer un enseignement réel de son malheur que si elle veut constituer cet organisme social possible : au lieu de se présenter au monde comme un ancien État unitaire désormais défait, elle devrait faire comparaître, dans des délégations autonomes, ses dimensions spirituelle, politique et économique, car c’est la confusion de ces trois systèmes qui a rendu l’ancienne forme allemande impossible.
En résumé : Ce texte de Rudolf Steiner interprète l’effondrement allemand comme la conséquence d’une erreur de fond : avoir construit un Empire sans lui assigner une mission conforme aux exigences profondes de l’époque moderne. Il affirme que les réponses politiques et sociales héritées du passé ne suffisent plus, parce qu’elles ne correspondent pas à la structure réelle de la société contemporaine. La tâche décisive consiste donc à reconnaître consciemment la triple articulation de l’organisme social — vie spirituelle, vie politique et vie économique —, chacune devant disposer de son autonomie propre tout en collaborant avec les autres. C’est seulement à cette condition qu’un renouveau authentique devient pensable.
Au peuple allemand et au gouvernement allemand !
NDLR : Ci-dessous la traduction en langue française de la version traduite en langue anglaise (voir plus bas) de l'original en allemand. Il s'agit de la brochure destinée à être largement distribuée en Allemagne en mai 1919, visant à faire connaître a vérité sur les causes du déclenchement de la guerre. Les autorités allemandes en interdire la diffusion pour ne pas, notamment, nuire à l'image de Guillaume II, ex-empereur d'Allemagne. Le but de cette action était de montrer, avant la signature du traité de Versailles (juin 1919), qu'on ne pouvait en aucun cas considérer que l'Allemagne était seule responsable de la guerre. Cette responsabilité était partagée entre tous les belligérants à titres divers.
https://rsarchive.org/Books/GA019/Compare_07.php
Brochure inédite, mai 1919
Le peuple allemand ne peut créer un espace pour une reconstruction saine de l'ordre social qu'en découvrant sans réserve la vérité sur les causes du déclenchement de la guerre, dans la mesure où elles peuvent être trouvées par eux, ainsi que sur l'efficacité des puissances qui ont été réellement décisives en Allemagne pendant la guerre. Quoi que fasse le reste du monde, le peuple allemand accomplit enfin son devoir : il dit enfin toute la vérité, qui n'a pas encore été révélée. Aujourd'hui, elle se doit à elle-même et à son honneur une véracité sans concession devant le public.
Le comité soussigné du Bund für Dreigliederung des sozialen Organismus, qui - à la suite de l'appel « An das deutsche Volk und an die Kulturwelt » rédigé par le Dr Rudolf Steiner - s'est fixé pour objectif de libérer les forces pouvant conduire à une reconstruction du corps social, déclare afin de créer de la place pour ces forces :
1. Nous exigeons un récit véridique des événements qui ont conduit à la guerre, en particulier de tout ce qui s'est passé à Berlin dans les derniers jours avant son déclenchement, que cela soit approuvé ou non d'un point de vue peu utilitariste, et que les personnalités principales soient compromises en conséquence. Nous appelons les organismes officiels et les particuliers capables de contribuer à surmonter la dissimulation des causes de la guerre créées par les cercles dirigeants pendant la guerre et non écartées après la capitulation à se manifester sans réserve. Si quelqu'un a besoin d'aide pour révéler la vérité, nous sommes prêts à lui être utile. Nous ne cherchons pas à punir les coupables, mais à révéler impitoyablement la vérité.
2. autant que nous le pouvons nous-mêmes, nous aidons la vérité à percer. La publication initiée par le Dr Rudolf Steiner à cette époque, en accord avec l'épouse du colonel général c. d’après les archives de cet homme, qui fut au centre des événements décisifs, sur le déroulement des actions et omissions des principaux cercles de Berlin qui ont conduit directement à la guerre, nous faisons notre propre affaire.1
3 Nous appelons les cercles gouvernementaux concernés à permettre que les faits mis en lumière dans ces dossiers soient fondés dans une discussion de la vérité devant le plus large public, couvrant tous les faits connexes.
Comité de travail des organismes de la Bund für Dreigliederung des Soziale.
Toute personne partageant l'avis exprimé dans l'appel ci-dessus et souhaitant découvrir toute la vérité sur les événements importants avant le début de la guerre est priée d'envoyer cette feuille avec sa signature et son adresse.
Bund für Dreigliederung des sozialen OrganismusStuttgart officeChampignystrasse 17
To the German People and to the German Government!
Unpublished leaflet, May 1919
The German people can only create space for a healthy reconstruction of the social order by unreservedly uncovering the truth about the causes of the outbreak of war, insofar as they can be found by them, and about the effectiveness of the powers that were really decisive in Germany during the war. Regardless of what the rest of the world does, the German people are finally doing their duty: they are finally telling the full truth, which has not yet been told. Today, it owes itself and its honor unsparing truthfulness before the public.
The undersigned committee of the Bund für Dreigliederung des sozialen Organismus, which - following the appeal "An das deutsche Volk und an die Kulturwelt" written by Dr. Rudolf Steiner - has set itself the goal of liberating the forces that can lead to a reconstruction of the social body, declares in order to create space for these forces:
1. we demand a truthful account of the events that led to the war, in particular everything that took place in Berlin in the last days before its outbreak, regardless of whether this is approved from a low utilitarian point of view or not, and regardless of whether leading personalities are compromised as a result. We call on official bodies and private individuals who can contribute to overcoming the cover-up of the causes of the war created by the leading circles during the war and not removed after the capitulation to come forward with their knowledge without reserve. If anyone needs assistance in revealing the truth, we are ready to be of service to them. We are not concerned with punishing the guilty, but with ruthlessly exposing the truth.
2. as far as we ourselves are able, we help the truth to break through. The publication initiated by Dr. Rudolf Steiner in these 'days in agreement with the wife of Colonel General v. Moltke of the records of this man, who was at the center of the decisive events, on the course of the actions and omissions of the leading circles in Berlin that led directly to the war, we make our own affair.1
3 We call on the relevant government circles to allow the facts brought to light in these records to be made the basis of a discussion of the truth before the widest public, covering all related facts.
Bund für Dreigliederung des sozialen Organismus Working Committee.
Whoever shares the view expressed in the above appeal and wishes to uncover the full truth about the important events before the beginning of the war is requested to send in this sheet with their signature and address.
Bund für Dreigliederung des sozialen Organismus
Stuttgart office
Champignystrasse 17







![[Version longue de] Russie et Ukraine : les famines des années 1920 et 30 - quelles données fiables ?](https://www.tri-articulation.info/modules/mod_digi_showcase/images/item_364.jpg)
