Éducation - Enseignement

Le fait que l'instruction publique incombe à l'État après que celle-ci l'ai retirée aux communautés religieuses est aujourd'hui si bien enraciné dans la conscience des hommes qu'il est difficile de la remettre en question sans se faire traiter de théoricien dépourvu de sens de la réalité. Or, le temps est venu où toute la vie culturelle doit pouvoir se libérer totalement du contrôle de l'État et avoir les possibilités de s'autogérer.


 

L'action féconde de l'école et de l'éducation ne saurait se développer qu'au sein d'une vie culturelle libre autogérée. De cette manière, les personnes chargées de l'instruction publique seront libérées des contraintes imposées par un programme pédagogique officiel de l'État en vue de former des citoyens répondant à ses besoins.

La matière de l'enseignement et le but de l'éducation doivent être exclusivement fondés sur la connaissance intime de l'être humain en formation, la reconnaissance et le libre développement de ses aptitudes, le développement du sens social. Au lieu d'appliquer un programme (les êtres humains ne sont pas des robots !), l'activité pédagogique s'inspirera de l'observation directe de la vie.

 On pourra ainsi intégrer dans l'organisation culturelle des spécialistes du secteur économique ou juridique disposant d'une expérience pratique de longue date. Les responsables de la vie culturelle pourront faire des stages périodiques qui leur permettront de garder un contact fructueux avec la réalité pratique. Des échanges permanents entre la vie culturelle et les autres domaines de l'organisation sociale pourront être établis.

Ce libre développement des facultés ne peut se faire que grâce à la liberté dont les éducateurs jouissent eux-mêmes. En effet, la reconnaissance, l'épanouissement des facultés individuelles et leur formation pratique dans un certain domaine dépendent de l'expérience, des qualités personnelles de l'enseignant dans ce domaine et non de critères étrangers. Des hommes sensibles à la réalité sociale ne peuvent être formés qu'au moyen d'une éducation dirigée et gérée par ceux qui ont déjà, eux-mêmes, ce sens social. Or, il est antisocial de faire éduquer et instruire la jeunesse par des gens qui deviennent étranger à la vie et dénués de sens pratique parce qu'ils se voient prescrire, de l'extérieur, le sens et le contenu de leur activité.

Ni l'État, ni la vie économique ne sont habilités à déterminer les qualités requises pour une fonction donnée et de demander à l'organe culturel de développer les connaissances et aptitudes en vue de satisfaire leurs besoins. Au contraire, l'État et l'économie seront contraints à s'adapter aux progrès réalisés dans le domaine de la vie culturelle et à adopter des formes qui puissent s'harmoniser avec les exigences de la nature humaine. De cette manière, l'ordre social pourra s'enrichir des impulsions toujours nouvelles qu'apportent les générations montantes.

Au lieu de subir l'effet paralysant des contraintes provenant des impératifs d'ordre politique et économique, une vie culturelle autonome englobant l'école et l'éducation formera des individus pleins d'énergie et d'enthousiasme au service de la société.

Enfin, l'administration scolaire, l'instauration des cours, les objectifs d'études ne reviendra qu'aux personnes prenant une part active dans l'enseignement ou exerçant une activité créatrice dans un autre domaine de la vie culturelle. Ainsi, ce dont on aura fait l'expérience directement dans la pratique de l'enseignement ou dans tout autre activité intellectuelle et créatrice se répercutera au niveau de l'administration et de la gestion en terme de forces vives.

Chacune de ces personnes partagerait son temps entre l'enseignement ou le travail intellectuel d'une part, et l'administration de l'instruction publique d'autre part.

 

Les talents des hommes et des femmes

Pour tenter de répondre à cette question, observons tout d'abord la société.
On y découvre des hommes et des femmes qui disposent de talents variés, c’est-à-dire d’une combinaison de connaissances, d’attitudes et d’aptitudes. Chaque personne est dotée d’un ensemble de compétences qui permet de la différencier d’une autre personne.

 

Cheminement vers la liberté

Lorsqu’un individu tend à s’émanciper de son hérédité, de son éducation, de son environnement et qu’il pense par lui-même, il commence à suivre son propre chemin. Cette émancipation l’individualise encore plus et le mène à exercer sa liberté, c’est-à-dire à agir en connaissance de cause, autant qu’il peut comprendre et inscrire ses actes dans le monde. Plus forte sera sa pensée et son aptitude à réaliser ses idées, plus cet homme sera libre et plus il pourra apporter quelque chose de nouveau dans la société.

 

L'éducation, longtemps gérée par l'Eglise catholique et l'Etat, se développe de plus en plus sous de nouvelles formes, qu'on appelle pédagogies alternatives. Celles-ci ne s'appuient ni sur l'Etat, ni sur l'Eglise catholique. En ce sens, l'évolution de l'éducation montre une tendance à une réelle autogestion.

 

Pour atteindre cette autonomie, l'éducation sera amenée à se séparer progressivement d'éléments qui ne lui sont pas propres :

- l'état (afin que des idéologies politiques ne dirigent pas la pédagogie)

- les religions (afin que les dogmes religieux n'influencent pas la pédagogie)

- le productivisme (afin que la productivité ne soit pas mélangée à la pédagogie)

- le technologisme (afin que la technologie ne se substitue pas progressivement à la pédagogie)

CONSTAT

 

PERCEPTION DU SYSTEME SCOLAIRE PAR LES FRANCAIS

Dans un sondage exclusif réalisé par l’Ifop pour la fondation pour l’école en avril 2018, les Français révèlent une vision très pessimiste de la question de l’égalité des chances dans notre système scolaire actuel.
Source : http://www.ifop.com/media/poll/4040-1-study_file.pdf

 

A titre d’exemple, 65% des français interrogés et 62% des parents d’enfants scolarisés- considèrent que le système scolaire actuel n’assure pas l’égalité des chances.
Quand on aborde la question des enfants qui ne sont pas aidés chez eux pour les devoirs, 94% des sondés ne considèrent pas que l’école publique offre le meilleur cadre de réussite aux enfants qui ne peuvent pas être aidés chez eux.