Science

 

« Ce que nous nommons Nature est un poème scellé dans une merveilleuse écriture chiffrée. Pourtant, l’énigme pourrait se dévoiler si nous y reconnaissions l’odyssée de l’esprit.[1]  »

F. W. v. Schelling

 

C. D. Friedrich, Le matin, 1821-22

 

« Nous avons une Révélation plus ancienne que toutes celles qui sont écrites : la Nature.[1] »

Schelling

Lymphocyte normal (coloration de May-Grünwald Giemsa)

Le grand paradoxe

Derrière l’ensemble des débats et décisions dans le domaine de la santé et de la médecine, aujourd’hui, se cache une grande contradiction scientifique, un grand paradoxe. La médecine reconnaît les faits élémentaires à l’origine de ce paradoxe, mais n’ose pas accepter ses implications inquiétantes et de grande portée. Ainsi, les médias et le grand public sont mal informés, et la médecine et la santé publique poursuivent leurs activités comme si ce paradoxe n’existait pas.

Liberté, égalité, fraternité

Penser la santé, panser l’économie : la stratégie du confinement 

Deuxième confinement ? ça ne passe pas : remises en cause des mesures, des bases scientifiques de ces mesures, voire des chiffres statistiques qui les justifient grondent de toutes parts.

Fait significatif, je reçois des appels à pétitions dans deux directions opposées : l’une réclame plus de rigueur dans la gestion de la crise, dans le respect des mesures de confinement décidées, pour éradiquer plus efficacement l’épidémie. L’autre réclame au contraire un retour à la liberté de se déplacer, de travailler, de se cultiver estimant que les sacrifices imposés sont plus nuisibles que l’épidémie elle-même.

Covid

« Il vaut mieux mourir selon les règles, que de réchapper contre les règles. »

Extrait de L’amour médecin, comédie de MOLIERE (acte II, scène 5)

 

 

« Nous espérons que l’époque du ‘délire de l’esprit’ est révolue et que les mystères et les dissimulations ne seront plus dorénavant encouragés » - Thomas Wakley, fondateur de la revue médicale The Lancet, dans la préface du premier numéro de 1823.[1]

 

 

Nous traversons une période de folie collective. Espérons que nous parviendrons un jour à ce constat, les crises permettant parfois, même si ce n'est qu'a posteriori, des prises de conscience salutaires. Espérons même que la singularité de ce confinement forcé puisse d'ors et déjà favoriser l'émergence d'une réflexion individuelle sur cette crise que nous traversons.

Il y a peu, de nombreux mouvements sociaux tendaient ici et là à mettre en lumière différents aspects d'une autre crise, une crise sociétale profonde, appelant des réponses concrètes et urgentes. Du jour au lendemain, tout cela a été disqualifié, marginalisé, anéanti même au profit d'une « union sacrée » de tous les « Enfants de la patrie », d'une « guerre » totale contre un virus.

De part cet écrasement soudain des perspectives, qualifier cette période présente de folie collective peut être perçu par beaucoup comme une dangereuse dissidence. Mais le pire en la circonstance, comme en bien d'autres, serait d'y laisser s'anéantir notre esprit démocratique, en refusant par exemple d'examiner ce qui motive cette expression.

 

Face au vécu partagé par toute l’humanité sur la planète, surmonter  les inquiétudes est, si ce n’est facile, du moins nécessaire. Des situations individuelles sont tragiques, et les moins bien servis par le « système » sont aussi ceux qui pâtissent le plus de la situation, aux quatre coins du monde.  Les médias, avec des spécialistes qui se succèdent sur les antennes ou dans les colonnes à la une, assènent des vérités contradictoires, tandis que les réseaux sociaux regorgent de remises en cause de ces vérités… Le climat social, s’il ne cède pas à la peur et à l’inquiétude, est tapissé de confusion et de doute.

Comment penser ce qui arrive ? Est-ce d’ailleurs possible ? Sans la clarté d’une pensée raisonnable, appropriable par chacun, qui mette en lumière ce qui se joue, un sentiment d’insécurité s’installe, et nous pouvons être désemparés, car en situation d’impuissance, sans prise sur l’environnement familier  qui nous accompagne habituellement.

Si  la perspective d’atteindre cette clarté  fait aussi défaut, alors c’est tout notre édifice individuel,  bâtit sur la conscience – de nous-même, de notre environnement-  qui peut s’ébranler.