Dette / Monnaie et ou argent

Le trimembrement de l'organisme social - Film 1ère partie en accès libre

Une série de Bernard Bonnamour.
Le premier épisode de la série, "L'argent et l'économie",  est en accès libre (gratuit). 

Le film DEMAIN a marqué les esprits, déclenchant beaucoup d’espoir. Plus d’un million de spectateurs ont vu que la société civile est résiliente. Elle est créative et trouve des solutions en dehors des circuits politiques et financiers habituels. Ce film met en évidence qu’un autre monde est en train de voir le jour. Par contraste, il souligne le décalage avec les modes de pensées des gouvernants dont on voit de plus en plus qu’ils n’ont plus de prise sur le cours des choses.

Cette impression de vie qui jaillit de DEMAIN ne doit pourtant pas nous faire tomber dans un optimisme simpliste. Car beaucoup de questions restent posées dans de nombreux domaines, en particulier dans celui de la monnaie, laquelle est la clé de toute transformation sociale qui voudrait s’inscrire dans la durée. Or ce qui est dit à ce sujet dans le film contient plusieurs problèmes. Il faudrait beaucoup plus qu’un article pour en traiter tous les aspects. Je relèverai seulement trois points.

 Version 1.1

Michel Laloux[1]

 

Dans la nuit du 12 au 13 juillet 2015, la « stratégie du choc »[2] a encore frappé et, cette fois, au niveau de toute l’Europe. Un message violent a été asséné aux peuples d’Europe. Ce message est celui qui est répété inlassablement depuis Margareth Thatcher, et même depuis Bretton Woods : There Is No Alternative (TINA)[3]. Les négociateurs Grecs ont cru pouvoir faire bouger les lignes. Ils pensaient qu’une impulsion populaire forte et une habileté tactique suffiraient. Il aura fallu six mois de négociations pour parvenir à la victoire par K.O., la seule méthode que le monde de la finance connaisse. Maintenant les peuples d’Europe le savent : There Is No Alternative. « Avez-vous enfin compris ? », tel est le message qui résonne après cette longue nuit qui a vu les dirigeants grecs capituler sur tous les points importants alors qu’ils venaient d’obtenir un mandat populaire clair pour n’en accepter aucun. Le paradoxe est tellement énorme qu’il souligne encore plus la puissance de la sphère financière. Il montre aussi que celle-ci est au-dessus des peuples et des parlements. Elle affirme sans ambigüité qu’en dehors d’elle, il n’y a point de salut.

Il y avait quelque chose de pitoyable à voir Alexis Tsipras déclarer : « J’assume la responsabilité pour un texte auquel je ne crois pas ». N’est-ce pas une autre façon de dire TINA ?

Michel Laloux [1]

 

On the night of July 12 to 13, 2015, the "Shock Doctrine"[2] struck again, and this time at the level of Europe. A strong message was firmly delivered to the people of Europe. This message has been endlessly repeated since the time of Margaret Thatcher, and even since Bretton Woods: “There Is No Alternative” (TINA)[3]. The Greek negotiators thought they could shift the lines. They thought that a strong popular impulse and tactical skill would suffice. It took six months of negotiations to reach the knockout victory, by the only method that the world of finance knows. Now the people of Europe know : “There Is No Alternative". “Have you finally understood?", this is the message that resonates after the long night, which saw Greek leaders capitulate on all important points, just when they had just got a clear popular mandate to refuse any of these points. The paradox is so huge, that it further underscores the power of the financial domain. It shows that finance is above peoples and parliaments. It affirms unambiguously that there is no salvation outside of it.

It was pitiful to see Alexis Tsipras declare,"I take responsibility for signing a document that I do not believe in, and that I have to implement". Is this not another way of saying TINA?

Dépolluer l'économie - Révolution dans la monnaie

 

Aucun gouvernement, Parlement, mouvement politique, État ou peuple, ne peut parvenir à modifier substantiellement les lois ou leurs modalités d’application, ou prendre certaines décisions, sans être immédiatement confronté au verdict des marchés financiers : dans n’importe quel domaine, toute mesure qui leur serait par trop défavorable directement ou indirectement, entraînerait inéluctablement, et ce, dans un délai court, une tendance à la réduction des investissements, à la fuite des capitaux et à une augmentation des intérêts sur les prêts qu’ils consentent.

Tant que ce problème, notamment, ne sera pas « résolu » à sa racine, il demeurera impossible, même avec la meilleure volonté politique et/ou populaire, de sortir des ornières actuelles, qui constituent le terreau dont naissent les crises financières, économiques, sociales, culturelles et environnementales désastreuses que nous connaissons. Ceci est vrai aussi bien pour la Grèce, l'Italie ou n'importe quel pays dans le monde.

Sommes-nous face à une situation définitivement sans issues ou existe-t-il une ou plusieurs solutions crédibles pour sortir de cette impasse ?

Detoxify the economy 

 

An article by Stéphane Lejoly
Translation : Philippe E. A. Lheureux

 

 French version of this article :

http://www.economiematin.fr/news-depolluer-leconomie-revolution-dans-la-monnaie

 
No Government, Parliament, political movement, State or people, can substantially modify their laws or application modalities, or take certain decisions, without being immediately confronted to the verdicts of financial markets: in whatever domain, any measure which would be too unfavourable to them, be it directly or indirectly, would inevitable lead to, and this within a very short delay, to a tendency to reduce their investments, to withdraw capital and to increase the interest rates on the loans they consent.
 
As long as this problem, amongst others, wouldn’t be “resolved” at its root, it will remain impossible, even with the best political and/or popular vote, to get out of the current rut, which constitute the soil on which flourishes disastrous financial, economic, social, cultural crisis’s such as we know them.
 
Are we in front of a situation with definitely no issue or does there exist one or more credible solutions to get out of this dead end?
 

 

Il est bien rare, dans les journaux ou à la télévision, d’entendre parler de finance solidaire ou d’économie fraternelle, tant de nos jours la solidarité et la fraternité semblent contraires à la définition même de l’économie. Partout en Europe et dans le monde pourtant, de nombreuses entités œuvrent à la réconciliation de ces notions, cherchant, en période de crise, à redéfinir et à développer sur le terrain de nouvelles manières de faire de l’économie. C’est le cas en France de la société financière La Nouvelle Economie Fraternelle (NEF). Son ambition est même à terme de mettre sur pied un organe européen d’économie sociale et solidaire, qui serait intitulé Banque Ethique Européenne (BEE). Décryptage.

L'argent a une longue histoire. D'abord émis par les temples, il l'a ensuite été par les Etats. Ceux-ci ont fini par en perdre le contrôle : depuis des années le sort de leurs monnaies se décide sur le marché international. Le résultat est si catastrophique que certains ont tendance à idéaliser le passé. Personne n'envisage bien sûr de redonner à une quelconque église le contrôle d'une monnaie. Nombreux sont par contre ceux qui rêvent d'une restauration du contrôle démocratique. La véritable alternative est ailleurs : travailler à une économie assez responsable pour venir elle-même à bout de problèmes comme l'inflation et la spéculation monétaire. Une proposition serait de donner à l'argent une date d'échéance.

Version 1.1 – Avril 2013

Une partie des dettes ne sera jamais remboursée

Le 28 mars 2013, après plus de dix longues journées de blocage des comptes bancaires de toutes les banques du pays, le gouvernement chypriote décide du scénario qui sera finalement appliqué pour éviter la faillite du système bancaire[1], sur base du plan de l’Union européenne :

  • Dans les deux plus importantes banques du pays, les dépôts bancaires en dessous de 100.000,00€ (montant garanti dans toutes les banques de l’Union européenne), seront exemptés de toute ponction financière.
  • Par contre, les sommes déposées au delà de 100.000,00€, seront transférées vers une nouvelle institution bancaire. Une partie conséquente de ces dépôts (entre 20 et 40% est-il estimé dans un premier temps… ensuite l’estimation porte jusqu’à 60% !) ne sera jamais remboursée aux déposants, mais ponctionnée (et censée rapporter 5,8 milliards d'euros) pour rembourser les créances des deux banques précitées, arrivant à échéance. Il sera possible ainsi d’éviter la faillite pure et simple du système bancaire chypriote. C’est à ces conditions que l’Union européenne accepte in extremis d’accorder un prêt de dix milliards d’euros lui aussi indispensable, pour financer les banques endettées.

Jeudi 11 avril 2013, coup de théâtre :

Les multiples disfonctionnements de l'économie se cristallisent actuellement en plusieurs points de la vie sociale. Parmi eux, il y a, bien sûr, la dette des États. Cette crise a plusieurs causes et chacune a contribué à lui faire prendre des proportions abyssales. Citons, notamment, l'interdiction pour les Banques Centrales des pays de l'UE, en particulier la BCE, de créer de la monnaie qui serait mise à disposition des États, à taux faibles, voire sans intérêts. Par exemple, la dette française s'élève à près de 1'700 milliards d'Euros. Si, depuis 1973, l'État avait pu emprunter à taux zéro, la dette serait de 250 milliards. La différence est énorme et l'impact sur l'économie serait bien différent. La France ne consacrerait pas la totalité de l'impôt sur les sociétés, soit 45 milliards en 2011, à payer les intérêts annuels de sa dette.

Mais ces faits sont, en eux-mêmes, des causes secondaires, voire tertiaires. Derrière eux, se trouve notre façon de concevoir l'économie. C'est d'elle que tout le reste découle. Or si l'on y regarde de plus près, il s'avère que la pensée économique n'est pas suffisamment précise pour être en mesure de remonter aux causes premières. Nous allons l'illustrer en prenant un exemple particulier.

 

Le dimanche 11 Mars 2012, une journée sur les alternatives économiques a été organisée par la ferme biologique de la Rauze dans le Lot (France) (Serge, Pascale et Jacques Moulènes).

 

Michel Laloux y fait une conférence dans laquelle il aborde une toute nouvelle façon de concevoir la circulation de la monnaie (toute nouvelle pour l'extrême majorité des êtres humains…). En voici des extraits ci-dessous (la conférence n'est pas reproduite dans son intégralité, certains passages n'ont pas été enregistrés).

De même que la nature est polluée par une indutrie et des modes de consommations qui ne la respectent pas, de même l'économie est polluée par la financiarisation et la spéculation qui lui sont étrangères par nature.

Ces deux types de pollutions ont des causes communes.


Pour y remédier nous devons développer des outils concrets et une mobilisation citoyenne ciblée.


Dans cette excellente vidéo d'introduction, Michel Laloux nous fait découvrir une nouvelle pensée économique.

 

La volonté du peuple grec exprimée dans les urnes a-t-elle des chances d’être entendue par l’Europe ?
Négociations, tractations … deux pas en arrière, un pas en avant ! La Grèce a-t-elle une chance d’obtenir plus que des victoires à la Pyrrhus ?
Pour Michel Laloux, la réponse est non, sauf à changer de logique et à oser prendre les mesures qui la rendraient indépendante de la sphère financière.
Découvrez les 4 mesures proposées par Michel Laloux dans cette vidéo.

 

Pour une économie au service de la société.


Le réseau Financité (Belgique) a invité Michel Laloux pour une série de conférences sur le thème Révolutionner la monnaie. La vidéo que vous allez voir a été enregistrée à Soignies le 3 décembre 2015.


Parmi ses activités, le réseau Financité soutient les organisations de la société civile qui créent des monnaies complémentaires en Belgique francophone. Il était demandé à Michel Laloux d’apporter un point de vue contradictoire sur ce thème. Dans cette vidéo, Michel Laloux va le faire en élargissant considérablement la question et en apportant des points de vue nouveau sur la monnaie et sur ce qu’elle pourrait être. Il propose une véritable révolution dans la monnaie, indispensable pour le développement de ce qu’il appelle une Économie à Valeurs Ajoutées Humaines.